Le Sidaner : un mystérieux paysage

Le 03 septembre 2020, par Caroline Legrand

Grand habitué des paysages du nord de la France, Henri Le Sidaner pose son chevalet à la fin de sa carrière dans le Sud, à Villefranche-sur-Mer.

Henri Le Sidaner (1862-1939), La Terrasse sur Villefranche, le matin, 1933, huile sur panneau signée, 33 41 cm.
Estimation : 25 000/35 000 

« Sous son pinceau, le quai Courbet est devenu un poème whistlérien baigné d’une lueur mystérieuse, de blancheurs ineffables où tout s’immatérialise, où des barques flottent dans le rêve, où la pierre, l’eau, tout en gardant leurs valeurs, semblent n’avoir pas plus de densité que l’air lui-même », écrivait le critique d’art Camille Mauclair au sujet d’un tableau peint en 1924 par Henri Le Sidaner, Les Maisons du port au clair de lune, Villefranche-sur-Mer. Depuis son installation à Paris, en 1894, le peintre a abandonné le style réaliste pratiqué sur la Côte d’Opale, à Étaples, pour se tourner vers une peinture influencée par le divisionnisme de Seurat et à l’atmosphère proche du mouvement symboliste. Il séjournera par la suite à Bruges, puis à Gerberoy, dans l’Oise, durant plus de trente années. Ce qui ne l’empêche pas de voyager, notamment dans le sud de la France, où ce maître de la lumière expérimente des teintes plus claires et chaudes, offrant une tonalité d’ensemble d’une belle harmonie dont témoigne cette huile sur panneau de 1933. Devenu expert dans l’art du paysage, Le Sidaner décrit les lieux de sa vie dans un style pointilliste libre, les jeux d’ombre et de lumière animant ses compositions où les êtres humains sont le plus souvent absents. Une forme de mystère et de poésie émane de cette symbolique de la solitude et de l’attente.

Agenda
Avec le tableau d'Henri Le Sidaner, La Terrasse sur Villefranche, le matin, 1933, que nous avons choisi de mettre en avant (25 000/35 000 €. Voir Gazette n° 30 page 76), mais aussi la Femme et enfant dans les bras d'Henri Martin (10 000/15 000 €), la scène moderne sera à la fête. Côté maîtres anciens, l'Anversois du XVIIIe Geerard Rysbrack proposera contre 15 000/20 000 € un Trophée de chasse à la corbeille de fruits, grenade et raisins, dans un paysage, comparable aux deux compositions conservées au musée du Louvre du même artiste, réalisées en 1751 pour la Ménagerie du château de Versailles sous Louis XV. On admirera à la section du mobilier ancien un rare ensemble de salon lyonnais XVIIIe, composé d'un canapé à oreilles et d'une suite de cinq fauteuils à la reine, à décor sculpté de fleurettes et agrafes feuillagées et garnis de tapisseries d'Aubusson sur le thème des fables de La Fontaine (12 000/15 000 €). La marqueterie métallique d'époque Louis XIV est très en vogue en ce moment, comme le prouvera sans doute un rare coffret de toilette de mariage de forme oblongue, à marqueterie sur fond d'écaille brune et de laiton de figures de la renommée, termes féminins, guirlandes, volatiles et volutes feuillagées (5 000/8 000 €). 
samedi 12 septembre 2020 - 14:30 - Live
Lyon - 8, rue de Castries - 69002
Conan Hôtel d’Ainay - Cécile Conan Fillatre Commissaire-Priseur Judiciaire
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne