Alfred Stevens ou la simplicité du quotidien

Le 28 mai 2020, par Caroline Legrand

Si Alfred Stevens nous a habitués à contempler ses femmes de la haute bourgeoisie parisienne vêtues de leurs plus beaux atours et posant dans leur riche intérieur, il offre avec cette toile une image intime, presque volée.

Alfred Émile Léopold Stevens (1823-1906), Femme en robe blanche endormie dans un fauteuil, 1888, huile sur toile signée et datée, 54 41,5 cm.
Estimation : 1 500/2 000 

Nous sommes en 1888. Le peintre belge est déjà un artiste reconnu, et même très courtisé par le Tout-Paris. Les femmes de la bourgeoisie se pressent devant son chevalet, afin d’être immortalisées par celui qui sait, avec virtuosité et élégance, mettre en valeur ses modèles dans des compositions parfaitement maîtrisées et inspirées du japonisme en vogue à cette époque. Mais Alfred Stevens est bien plus que ce peintre mondain. Arrivé à Paris en 1844, il commence sa carrière avec des scènes de genre révélant la misère sociale, et se lie très vite avec les plus grands artistes de son temps, parmi lesquels Eugène Delacroix et Édouard Manet. Ce dernier partage même son atelier avec lui en 1862. Pourtant, leurs peintures ont peu en commun, et il faudra attendre les années 1880 pour que Stevens se tourne vers l’impressionnisme, mais aussi vers des œuvres d’une plus grande liberté et simplicité, à l’image de cette touchante scène intimiste où une jeune femme est surprise assoupie dans son fauteuil. Nous sommes loin des mises en scène quelque peu grandiloquentes, le bambou et son vase rappelant néanmoins le japonisme. Une œuvre touchante d’un peintre aux talents multiples, dotée qui plus est d’une estimation pleine d’espoir.

Agenda
Cette session classique sera menée par une commode du début de l'époque Louis XV, attribuée à l'ébéniste Étienne Doirat, en placage d'amarante marqueté en feuilles et à façade arbalète agrémentée de bronzes ciselés et dorés tels que chutes en espagnolette (3 000/4 000 €). L'accompagneront par exemple une bague boule en or gris, sertie d'une tourmaline rose facettée et de diamants ronds et navette (3 000/3 500 €), ainsi qu'une toile signée Alfred Stevens, Femme en robe blanche endormie dans un fauteuil (1 500/2 000 €. Voir Gazette n°21, page 108).   
samedi 06 juin 2020 - 14:00
Le Mans - 16, rue du Bon-Pasteur - 72000
Sarthe Enchères
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