De Staël aux Baléares

Le 13 novembre 2019, par Caroline Legrand

Authentifiée par le comité Nicolas de Staël, cette œuvre serait l’une des quatre dernières aquarelles figuratives du peintre encore existantes à ce jour. Un témoignage de ses débuts provenant d’un couple d’amis très chers.

Nicolas de Staël (1914-1955), Barques aux Baléares et îles Baléares, aquarelle sur papier, 1935, 43 53 cm.
Estimation : 50 000/80 000 

Nicolas de Staël demeure un nom incontournable de l’histoire de la peinture moderne. La découverte de son œuvre, pionnière de l’abstraction, dans les années 1950 constitue pour beaucoup de ses contemporains une révélation picturale. Sa personnalité complexe et sa destinée fulgurante ont également contribué à faire de cet artiste un mythe. D’origine russe, envoyé à Bruxelles en 1922 après la mort de ses parents, il entre en 1933 aux beaux-arts de la ville, après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur, comme le souhaitait son père adoptif. Deux ans plus tard débute une longue série de voyages, qui le mèneront en France et en Espagne. C’est de cette époque que date cette aquarelle, représentant un paysage maritime aux Baléares. Nous sommes en 1935, et le peintre de 21 ans, séduit par les paysages espagnols, décide de passer ses étés dans ce pays. Passionné de vélo, il s’y rend souvent avec son ami Benoît Gilsoul. Il y fait de nombreuses rencontres, dont celle de deux Français, Alix et Alain, avec lesquels il tisse des liens très forts. Ces derniers l’accueillent régulièrement chez eux en Espagne, chaque été et parfois durant l’année. Ils garderont longtemps des relations étroites, comme en témoignent les dix lettres également vendues par les enfants et petits-enfants du couple, dont l’un vit dans la région de Compiègne depuis une trentaine d’années (30 000/40 000 €). Datés de 1935 aux années 1940, ces courriers écrits en français par De Staël expriment toute son amitié pour le couple. Il demande des nouvelles de leurs enfants, raconte ses différents voyages, mais aussi les difficultés de la guerre, notamment pour trouver de la nourriture. À cette époque, il peint à l’aquarelle des paysages, qu’il vend ou expose. Il a offert cette œuvre à ses amis. Chanceuse, elle échappa aux nombreuses destructions que l’artiste fit subir à ses productions du début de carrière… Un éternel insatisfait, en quête de renouveau et de perfection.

Agenda
Nicolas de Staël (1913-1955) sera la tête d'affiche grâce à deux lots rarissimes de même provenance. Le peintre offrit en 1935 à deux amis de toujours, Alix et Alain, une aquarelle lors de l'un de ses séjours en Catalogne. Son sujet ? Des Barques aux Baléares et îles Baléares… 50 000/80 000 € sont à prévoir pour cette œuvre, l'une des quatre dernières aquarelles figuratives encore existantes de celui qui évolua vers l'abstraction. Un ensemble d'une dizaine de lettres envoyées par De Staël au couple entre les années 1930 et 1940 (racontant notamment les difficultés de la vie durant la guerre, mais aussi ses nombreux voyages) sera présenté avec une estimation de 30 000/40 000 €. Provenant d'une autre collection, nous signalerons du même artiste un dessin abstrait au feutre sur papier, signé « Nicolas » et daté de 1954 (8 000/10 000 €). On passera ensuite à une autre personnalité forte, André Breton, avec la sculpture en bronze d'un Gant de femme moulé au début du XXe siècle (5 000/8 000 €). Quatre exemplaires existent de cet œuvre, souvenir d'une visite de Lise Deharme à la « Centrale surréaliste », durant laquelle l'artiste émit le souhait qu'elle laissât l'un de ses gants en symbole de sa venue. Cette dernière offrit finalement ce bronze à Breton afin d'illustrer l'édition originale de Nadja, un récit dans lequels elle apparaît sous le nom de Lise Meyer. 
samedi 16 novembre 2019 - 14:00
Compiègne - 18, rue des Cordeliers - 60200
Actéon - Compiègne Enchères
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