Panorama sur les comptoirs commerciaux chinois

Le 13 octobre 2021, par Caroline Legrand

Datant des années 1840, cette toile nous propulse au cœur de la vie des comptoirs en Chine au XIXe siècle : une véritable visite à 360° proposée par l’école anglo-chinoise.

École anglo-chinoise, vers 1840, Vue du front de mer à Honam, huile sur toile, 92 193,5 cm.
Estimation : 10 000/15 000 

Et dire que son propriétaire hésitait à montrer cette peinture de près de deux mètres de largeur au commissaire-priseur… Sans doute ignorait-il que les œuvres de l’école anglo-chinoise des XVIIIe et XIXe siècles connaissent un beau regain d’intérêt sur le marché. D’ailleurs, le musée maritime de Greenwich, à Londres, possède plusieurs représentations de ce type, et même un tableau similaire à celui-ci. Réalisées bien souvent en série, ces peintures représentent les principaux comptoirs chinois, parmi lesquels Canton, Macao, Whampoa (Huangpu), Bocca Tigris, Hong Kong ou encore Honam, comme ici. Ce dernier est parfaitement reconnaissable à la présence du Dutch Folly et du French Folly, à droite : deux forts à but défensif, qui servirent notamment durant la seconde guerre de l’opium. Cette vue prise du port de Canton, situé juste en face, au bord de la rivière des Perles, se démarque par l’absence de bateaux occidentaux. Pourtant, les Français, les Anglais, les Américains et les Hollandais avaient des comptoirs en ce lieu depuis le traité de Nankin, du 29 août 1842 — qui marquait la fin de la première guerre de l’opium. Laissées sous souveraineté chinoise, ces concessions étaient cependant sous administration étrangère, ce qui permettait de poursuivre leur importante activité commerciale, en exportant notamment quantité de thé, de soieries ou de bois précieux. Mais ici, seuls sont visibles des jonques, des lorchas ou des «bateaux à fleurs» : un fait étonnant qui laisse penser que son commanditaire ait été un riche marchand local plutôt qu’un Occidental. Mêlant la technique européenne de la peinture à l’huile au style chinois, les œuvres dites «de l’école anglo-chinoise», ou «China trade paintings», résultent de commandes passées auprès de ces importants ateliers animés par des artistes de différentes origines. Elles ornaient les maisons des marchands occidentaux ou chinois travaillant dans les comptoirs du sud du pays, mais étaient aussi également envoyées en Europe… offrant un parfum d’exotisme à ces amateurs qui n’avaient pas la chance de voyager.

Agenda
Au XVIIIe siècle naquirent en Chine des ateliers mêlant artistes occidentaux et locaux. Les scènes de port comptèrent parmi leurs sujets favoris et connurent un immense succès, à l'image de la toile de près de deux mètres de largeur représentant une Vue du front de mer à Honam datée vers 1840, qui sera proposée avec une estimation de 10 000/15 000 €. On revient en France et plus précisément en Franche-Comté en compagnie de Robert Fernier, qui proposera contre 5 000/7 000 € un paysage, Les Toits blancs, Goux-les-Usiers sous la neige, et de Jules Zingg avec un Paysan rentrant au village (4 000/4 500 €). Le Conciliabule, scène de marché à Pontarlier d'André Roz se disputera quant à lui à 3 500/4 000 €.
dimanche 17 octobre 2021 - 14:00
Besançon - 4, rue Demangel - 25000
Ivoire - Hôtel des ventes de Besançon Maître Renoud-Grappin
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