Une douce musique

Le 11 mars 2020, par Caroline Legrand

La cloche zhong – occupe une place privilégiée dans la culture et les rituels chinois. Que ce soit dans un cadre purement musical ou pour un rite funéraire, elle appelle chacun à l’harmonie.

Chine, début du XXe siècle. Cloche en bronze, grand cartouche vertical portant une inscription et une date apocryphe Qianlong en léger relief, 56 30 25 cm.
Estimation : 12 000/15 000 


Avec sa taille imposante et sa base plane, cette cloche en bronze bo zhong présente un corps orné de quatre registres de neuf clous, alternant avec des frises de grecques, le tout sommé d’un décor impérial de dragons stylisés en relief incisés de grecques. Son manche tronconique est quant à lui orné de pétales, renflé en son milieu et agrémenté d’une anse. Une cloche similaire, datée de la vingt-sixième année de l’époque Qianlong, est aujourd’hui conservée à la Cité interdite de Pékin. Il faut dire que ces objets comptent parmi les incontournables de la culture chinoise. Leur place dans les arts musicaux traditionnels – source de joie – est majeure, mais l’instrument joue également un rôle social, transmettant des messages, et bien sûr cultuel dans les temples bouddhistes ou taoïstes. Tantôt les cloches appellent à la prière, à la justice ou au rassemblement, tantôt elles repoussent les ennemis et les esprits maléfiques… Élément d’apparat luxueux, un carillon de soixante-cinq pièces tenait compagnie au défunt seigneur Yi de Zeng dans sa sépulture, avec vingt et une femmes et des objets d’art précieux. Deux grands types de cloches existent : les ling à battant interne, et les zhong à battant externe comme la nôtre. Leur existence remonte au néolithique, au IIe millénaire av. J.-C., époque où la métallurgie du bronze apparaît. Celui-ci est coulé dans un moule comprenant un noyau et une chape divisée en quatre parties, dont les faces internes portent en creux les décors et inscriptions qui apparaîtront en relief sur l’objet. Quant aux poignées, elles sont bien souvent moulées à part. Les cloches pouvaient être fixées sur un socle, l’ouverture orientée vers le haut, mais aussi suspendues avec la bouche dirigée vers le bas. Leur vibration met en concordance toutes les données existantes dans la nature, exprimant ainsi la cohésion de toutes choses… pour susciter l’harmonie.

Agenda
Le classicisme voisinera ici avec les arts d'Extrême-Orient et les arts décoratifs du XXe siècle. Au premier de ces chapitres figureront une pendule d'époque Empire en bronze ciselé et doré, à décor du « char de Télémaque » conduisant Athéna et tiré par deux chevaux, celui-ci richement orné d'un mufle de lion (10 000/12 000 €), mais aussi une Scène de campagne animée peinte par Joost Cornelisz Droochsloot (4 000/6 000 €). Une cloche chinoise début XXe en bronze à décor de quatre registres de neuf clous (12 000/15 000 €) et une statue chinoise de Guandi fin XIXe-début XXe, en porcelaine de la famille verte (2 000/3 000 €), animeront la section des arts d'Asie. Laissons le mot de la fin aux arts du XXe avec un miroir de Line Vautrin Soleil à pointes n° 2 à double entourage rayonnant en talosel, daté 1955 (4 000/5 000 €), et une Femme nue à la souche et à la perche de bambou en marbre d'Henri Édouard Vernhes (4 000/6 000 €). 
samedi 14 mars 2020 - 02:00
Tours - 246-248, rue Giraudeau - 37000
Hôtel des ventes Giraudeau
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