Aïvazovski, une peinture de sentiments

Le 22 juillet 2020, par Caroline Legrand

Le soleil irradie la mer de Crimée, si chère au cœur du peintre Ivan Aïvazovski, conférant à ce paysage maritime un bel accent romantique.

Ivan Aïvazovski (1817-1900), Bateau à vapeur russe secourant un navire en perdition au crépuscule, huile sur toile signée, 45 74 cm.
Estimation : 150 000/250 000 

En regardant cette toile, on comprend pourquoi William Turner aimait le travail d’Ivan Aïvazovski. Le peintre anglais devait apprécier la belle virtuosité de l’artiste d’origine arménienne, mais aussi sa lumière romantique, quasi mystique, cet éclat aveuglant qu’il utilisait également bien souvent. Et puis, au-delà de la simple scène de marine décrivant un bateau à vapeur battant pavillon russe dans une superbe baie au crépuscule, l’on perçoit le sentiment d’appréhension dans la présence de ce petit bateau semblant avoir échoué à l’ombre de la crique. Un mystère ou un danger qui mettent à mal la sérénité du panorama. Cet esprit inquiet n’est-il pas une composante de la culture arménienne ? Aïvazovski est né à Théodosie, au bord de la mer Noire en Crimée, une région à l’histoire difficile, sans cesse soumise à la domination étrangère — tantôt celle des Russes, tantôt des Ottomans. Il montre très jeune des dons pour le dessin et la peinture, et en 1833, grâce au soutien du maire de sa ville, part pour Saint-Pétersbourg afin d’intégrer l’École impériale des beaux-arts. Ses maîtres, Maxime Vorobev et le Français Philippe Tanneur, l’orientent vers le paysage. Le poète Alexandre Pouchkine remarque rapidement son talent, tandis que le tsar Nicolas Ier lui passe plusieurs commandes. À l’âge de 20 ans, Aïvazovki est envoyé en Baltique avec la flotte de guerre russe, afin de réaliser des marines. Un voyage forcément formateur et déterminant. Grâce à l’obtention d’une médaille d’or à l’Académie, il retrouve pour deux ans sa chère Crimée. De 1838 à 1840, il découvre la marine, embarqué à bord des différents bateaux et conseillé par les officiers. Il obtient toutes les connaissances nécessaires afin de devenir l’un des plus grands peintres de marine russes. Quant au paysage en lui-même, il le dépeint toujours sans dessin préalable, de mémoire… se fiant aux sentiments qu’il a pu ressentir face à cette nature insaisissable et impétueuse.

samedi 01 août 2020 - 14:00
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Émeraude Enchères
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