La Bretagne de Bernard Buffet

Le 28 novembre 2019, par Claire Papon

Loin des cartes postales, cette vue du petit port de Saint-Briac, sur la Côte d’Émeraude, rappelle l’attachement du peintre à cette région.

Bernard Buffet (1928-1999), Marée basse à Saint-Briac, 1973, huile sur toile, 90 130 cm.
Estimation : 80 000/100 000 

Lignes droites et noires, ciel menaçant, perspectives arbitraires, absence de personnages, gris et bistre-vert… la composition clame la signature de l’artiste autant que les six lettres qui composent son nom. Il convient de préciser que la demeure qui émerge des arbres et des rochers, face au spectateur, fut la sienne ; un atout non négligeable quand on sait le nombre élevé de tableaux de l’artiste qui passent sous le feu des enchères. S’il est une région dont il a fait une inépuisable source d’inspiration, c’est la Bretagne. Vues de ports, plages, bateaux de pêche, phares, voiliers à marée basse, chapelles, natures mortes aux crustacés, femmes aux coiffes géométriques et aux visages austères… sont observés, puis recréés. Pas un lieu ou presque ne lui échappe des îles de Sein et d’Ouessant à Saint-Malo, en passant par Audierne, Erquy, Bréhat, Douarnenez et bien sûr Saint-Cast, où il passe ses vacances durant son enfance et achètera une villa Belle Époque, La Vallée, où il travaillera et vivra, alternativement avec Paris, de 1965 à 1970. La Bretagne l’a accompagné toute sa vie. En 1999, alors qu’il est déjà malade, il livre un ultime Paysage de tempête en Bretagne. Cet artiste atypique, reçu à 15 ans à l’École des beaux-arts, adoubé cinq ans plus tard par Giono et Cocteau, a connu le succès dès le lendemain de la guerre, même s’il fut aussi abondamment critiqué. Il est l’auteur de plus de huit mille toiles, aquarelles, dessins et lithographies, au style inimitable. C’est en 1973 qu’il réalise celle-ci. La même année, une nouvelle reconnaissance arrive de l’étranger. Il devient, avec Salvador Dalí, l’un des premiers peintres à avoir de son vivant un musée consacré à ses œuvres, grâce au soutien de l’homme d’affaires Kiichiro Okano qui les avait découvertes en 1963. Nous sommes à Surugadaira, au Japon. Plus de deux mille œuvres y sont conservées. Les cendres de Bernard Buffet ont été dispersées dans le jardin du musée japonais.

Agenda

Saison de la chasse oblige, on pourra s'offrir moyennant 60 000/80 000 € une toile d'Alexandre-François Desportes, Chien à l'arrêt devant un trophée de perdrix, colvert et bécasse, 12 000/15 000 € étant en revanche avancés d'un Portrait d'homme en buste, peut-être le sculpteur Jean-Joseph Foucou (1739-1815) par François-André Vincent. Il en coûtera entre 80 000 et 100 000 € d'un paysage breton de Bernard Buffet de 1973, Marée basse à Saint-Briac, 15 000/20 000 € d'une toile de Jean Bouchaud, Les Laveuses à Hué, de 15 000 à 30 000 €  de trois encres sur papier de Lin Fengmian, un pavillon sous les pins et deux danseuses, acquises de madame Lin directement par les vendeurs. Un paravent à deux feuilles en laque à décor de poissons de Jean Dunand (20 000/30 000 €) précède un capezzale en cuivre doré, corail et émail de l'atelier sicilien de Trapani au XVIIe (15 000/20 000 €).

mercredi 04 décembre 2019 - 14:15 - Live
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Fraysse & Associés
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