Sartorio à la Biennale de Venise

Le 10 septembre 2020, par Agathe Albi-Gervy

Cette étude monumentale, d’une grande poésie, prépare la frise ornant la Sala del Lazio de la Biennale de Venise de 1907. Un projet ambitieux dans lequel Giulio Aristide Sartorio synthétise ses diverses sources d’inspiration.

Giulio Aristide Sartorio (1860-1932), Grande studio ad olio per il ciclo decorativo della Biennale di Venezia del 1907 (Grande étude à l’huile pour le cycle décoratif de la Biennale de Venise de 1907), vers 1906, huile sur toile, 173,5 199,5 cm.
Estimation : 28 000/40 000 €

Le résultat final était grandiose : dix panneaux de format vertical, complétés par quatre grandes toiles et une autre pour l’arc d’entrée. La frise de la Sala del Lazio de la Biennale de Venise de 1907 se voulait la quintessence de l’art national italien. Le peintre romain Giulio Aristide Sartorio y a développé un poème célébrant la vie à travers des représentations de contraires. Ainsi, les quatre tableaux principaux illustraient-ils la Lumière, les Ténèbres, l’Amour et la Mort. La présente étude à l’huile, monumentale, pourrait préparer le thème de la Lumière. Le thème de la danse des heures, déjà exploité par Gaetano Previati à la Biennale de Venise de 1899 – dans un tableau aujourd’hui conservé à la Galerie nationale d’art moderne – est ici interprété par Sartorio avec un goût tirant vers l’Europe centrale. Un goût cultivé au cours de ses nombreux voyages dont l’un, à Weimar, l’a particulièrement marqué. Outre celle, évidente, du symbolisme, une autre source d’inspiration transparaît dans cette étude : le préraphaélisme anglais. Toutes ces connaissances, additionnées à celle de la Renaissance italienne – on songe au travail de Mantegna –, ont conduit Sartorio à développer un langage pictural complexe, une peinture majestueuse et raffinée qu’il déploie dans de grands cycles décoratifs, un support dans lequel l’Italien est particulièrement à l’aise. L’un de ses projets les plus célèbres orne, depuis 1912, les murs de la chambre des députés du parlement de Montecitorio.
 

Agenda
Le catalogue du 15 est entièrement dédié aux tableaux et dessins, anciens comme modernes. L'ensemble est dominé par une Madone de Tommaso di Credi, trônant devant un paysage léonardesque et présentant le Christ au petit saint Jean-Baptiste (40 000/50 000 €), et par un tondo de Gherardo di Giovanni del Fora, illustré de la Vierge agenouillée devant son nouveau-né avec saint Jean-Baptiste à ses côtés (même estimation). Remarquons également un saint Sébastien caravagesque vu à mi-corps dans une torsion intéressante, sous le pinceau d'un artiste d'Italie méridionale dans les années 1615-1620 (22 000/28 000 €). Parmi les œuvres du XIXe siècle, une grande étude de Giulio Aristide Sartorio se fera remarquer : elle prépare son cycle décoratif destiné à la Biennale de Venise de 1907 (28 000/40 000 €). Le 17, mobilier et objets d'art sont mêlés. Parmi eux, un plat peint à Castel Durante dans les années 1550-1560 (8 000/12 000 €).
mardi 15 septembre 2020 - 14:00
Rome - Palazzo Odescalchi, Piazza SS. Apostoli, 80 - 00187
Finarte Casa d'Aste
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne