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Vue imprenable sur Lyon au début du XIXe siècle

Le 11 janvier 2022, par Caroline Legrand

Cette vue de la capitale des Gaules, d’abord considérée comme étant l’œuvre d’Antoine Duclaux ou de Nicolas-Antoine Taunay, a finalement été donnée par les experts à un artiste lyonnais moins connu, Étienne Rey. 

Vue imprenable sur Lyon au début du XIXe siècle
Étienne Rey (1789-1865), Lyon sous la neige, rive gauche et l’Hôtel-Dieu, huile, 66,5 93 cm.
Estimation : 10 000/15 000 

Ayant appartenu à la collection du négociant et mécène lyonnais Adrien Devillas (1788-1845), cette peinture représente Lyon sous la neige, rive gauche et l’Hôtel-Dieu. Elle aurait été présentée au salon de 1826 de la ville, dans le cadre de l’exposition de tableaux et objets d’art au profit des ouvriers sans travail. Les experts du cabinet Turquin en ont même retrouvé une description dans le Bulletin de Lyon et du département du Rhône du 3 octobre 1826 : «Ce charmant ouvrage est de M. Rey ; il appartient à M. Adrien Devillas, et représente une partie des Broteaux (sic), le cours du Rhône, les quais de Retz, du Bon-Rencontre et de l’Hôpital, et le pont de la Guillotière dans le fond. Auprès de la digue, où se bâtit actuellement le pont Charles X, est un grand bateau en construction ; le petit golfe que forment les eaux du Rhône entre la digue et les Broteaux est gelé et couvert de patineurs ; l’un d’eux est tombé dans sa course et s’est blessé, il est rapporté par ses camarades dans quelqu’une des auberges du lieu, afin d’y recevoir du secours ; des scieurs de long découpent des planches sur la gauche du tableau. Tout est vrai, du meilleur ton, du plus juste effet dans cette production agréable. J’ignorais complètement que M. Rey se fût occupé de peinture, et tout le monde doit regretter qu’il y ait à peu près renoncé.» Plutôt versé dans l’archéologie et la lithographie, Étienne Rey, élève de Pillement et Revoil, professeur aux beaux-arts de Lyon à partir de 1821, n’a en effet laissé que très peu de tableaux. Dans ce superbe panorama réaliste et au rendu atmosphérique d’une grande sensibilité – le ciel y a toute sa place –, il s’intéresse aux évolutions marquantes de sa ville en ce XIXe siècle, et notamment au peuplement croissant de la rive gauche, souvent soumise aux crues du Rhône. Construction de ponts, de bas-ports et de digues ne suffirent malheureusement pas : les crues de 1840 et 1856 furent dévastatrices ; elles entraînèrent l’édification de la digue insubmersible de Villeurbanne, au parc de la Tête d’or, ainsi que la surélévation des quais et d’une partie des rues de la Guillotière…

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Au plus haut des estimations, on trouvera des meubles. Il faudra ainsi prévoir 30 000/50 000 € pour un important bureau Mazarin du début du XVIIIe siècle à double face orné de marqueterie d'ébène sur bâti de chêne et de filets de laiton, et 30 000/40 000 € pour une armoire bibliothèque datée vers 1720-1730, en marqueterie d'ébène sur bâti de conifère et filets de laiton, à traverse haute cintrée en chapeau de gendarme. D'époque Transition et de forme légèrement mouvementée, une paire de rafraîchissoirs en acajou estampillés Canabas est quant à elle annoncée à 20 000/25 000 €. Outre de nombreux bijoux s'annoncera par ailleurs une toile d'Étienne Rey, Lyon sous la neige, rive gauche et l'Hôtel-Dieu. Provenant de la collection Adrien Devillas (1788-1845), négociant et mécène de la ville, l'œuvre est à envisager à 10 000/15 000 €. 

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jeudi 20 janvier 2022 - 14:30 (CET) - Live
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