Thomas Hache à l’italienne

Le 21 janvier 2021, par Caroline Legrand

Deuxième de la célèbre dynastie d’ébénistes, Thomas Hache a créé ce style reconnaissable entre tous, basé sur une marqueterie florale, naturaliste, de bois indigènes.

Commode en marqueterie à l’italienne par Thomas Hache (1664-1747), en bois clair sur fond de noyer brûlé, loupes de sycomore moirées et ramageuses, filets de noyer et bois d’olivier, 84,7 126,2 61 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

Provenant par descendance d’une famille de la noblesse ardéchoise, cette commode datée de l’époque Régence évoque tout ce que Thomas Hache a apporté au mobilier français. Différente de celles dites « Mazarines », elle présente une forme nouvelle avec ses deux montants antérieurs arrondis, offrant douceur et harmonie à la façade. Outre les bronzes à motifs de sphinges, cornes d’abondance et masques de Cérès, le meuble arbore un riche décor de marqueterie de bois indigènes. Celle-ci est composée en façade de rinceaux feuillagés, de fleurs, de cornes d’abondance et de feuilles d’acanthe finement découpés en bois clair, sur fond de noyer brûlé et sur contrefond de loupe de sycomore ; le tout est rehaussé d’un jeu de filets de noyer et bordé de part et d’autre de listels clairs, en houx ou buis sur olivier. Les montants antérieurs présentent pour leur part un grand cartouche à marqueterie à l’italienne, aux motifs ombrés au sable chaud, tandis que les côtés reçoivent un décor de réserves géométriques. Le dessus de marbre n’est quant à lui pas d’origine. Si Thomas Hache avait mis au point un système afin de poser à la demande un dessus de marqueterie ou de marbre, ses commanditaires de l’époque étaient surtout désireux d’acquérir ses fameuses marqueteries « à l’italienne ». Il les inventa à Grenoble après son apprentissage à Paris, sans doute auprès de Pierre Gole, puis son expérience à Chambéry, dans une Savoie encore sous domination italienne…

Agenda
Un violoncelle fabriqué par le célèbre luthier Auguste Sébastien Bernardel en 1844, à la barre originale et à la touche biseautée, une invention de Bernardel en personne, résonnera au plus haut des estimations à 35 000/50 000 €. Il sera entouré de meubles et objets d'art classiques, à l'image d'une commode Transition en acajou blond de Cuba, à ressaut central et estampille de Jean-François Leleu, prisée 35 000/40 000 €, et d'une commode exécutée vers 1715-1720 par Thomas Hache à Grenoble en marqueterie à l'italienne de bois indigènes et motifs floraux, attendue à 20 000/30 000 € (Voir Gazette n°3 page 92). Sans oublier un bronze d'Antoine-Louis Barye, Thésée et Biénor fondu par Barbedienne, dont on attend 20 000/30 000 € et un panneau peint attribué au peintre flamand du début du XVIIe, Frans Francken le Jeune, sur le thème de L'Adoration des Mages à 9 000/18 000 €. 
samedi 30 janvier 2021 - 02:00 - Live
Lyon - 6, rue Marcel-Rivière - 69002
Bérard - Péron
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