Des chiffres et des lettres

Le 22 mai 2019, par Claire Papon et Anne Foster

Malgré quelques traces des affres du temps, ces mémoires sur la maison de la comtesse de Provence ont traversé les vicissitudes de l’histoire. Ils proviennent de Jean-René de Semallé (1772-1863). 

Maison de Madame. 38 mémoires manuscrits in-folio brochés par rubans de soie, 1777-1785. Estimation : 6 000/8 000 


Entré à l’automne 1786 comme page au service de Louis XVI, Jean-René de Semallé est nommé fondé de pouvoir du comte d’Artois en 1814, avant de jouer un rôle important durant la Restauration. Transmis à la collection Auguste Affre de Saint-Rome, ces documents font partie des archives Cromot du Bourg, surintendant du comte de Provence. Ils se composent d’une trentaine de lots (estimés de 300 à 30 000 € environ), formant un témoignage unique de la vie et des fastes d’un prince à la fin de l’Ancien Régime, le comte de Provence. Ceux-ci sont apostillés et/ou signés du futur Louis XVIII ou pour certains de son épouse, la comtesse de Provence. Outre les aspects financiers  comptes et emprunts pour des sommes considérables , ces mémoires abordent une foule de sujets, de l’augmentation des filatures en France aux chanoines de l’abbaye de Sainte-Geneviève, en passant par les faisanderies de Brunoy ou le château de Rocquencourt. D’autres concernent les écuries de Madame, le marché du linge pour son service, la fourniture de bouteilles de vin, les frais pour toutes sortes de victuailles et de plats, l’acquisition de la bibliothèque Lieutaud  pour la somme considérable de 100 000 livres , l’exploitation des mines royales d’Allemont, dans l’Isère, ou encore le palais du Luxembourg. On remarquera aussi dix-huit pages (estimées 1 200/1 500 €) ayant trait… à la culture de la rhubarbe. Celle-ci commence en 1777 dans le parc de Grosbois, aux environs de Paris, par Pierre Coste d’Arnobat (1732-1808), homme d’affaires bayonnais avisé et journaliste à ses heures, qui obtint le privilège exclusif pour trente années de transplanter, cultiver et préparer sur toute l’étendue du royaume de France cette toute nouvelle plante, venue de Tartarie chinoise. En 1792, le ministre de l’Intérieur lui octroie même la conversion de ce privilège en brevet d’invention. Longtemps cantonnée à la pharmacopée, celle dont le nom signifie littéralement «racine de barbare» ne fut en effet cultivée et consommée comme plante potagère en France qu’à partir du XVIIIe siècle.

Panorama (avant-vente)

À bicyclette

Le 22 mai 2019, par Claire Papon et Anne Foster

Le cyclisme connaît dans les années 1890 un grand succès dans la bonne société française, et suscite donc de nouveaux costumes confortables et aux tissus résistants. Les hommes portent des pantalons bouffants, les plus audacieuses de ces dames des culottes en lainage ou en jersey inspirées du «bloomer», invention d’une féministe américaine dans les années 1850. 800 à 1 200 € seront nécessaires pour enlever cet ensemble composé d’une veste en lainage gris réversible à motif écossais, fermant par huit boutons de nacre, griffée Luc Lindenfelver, et d’un bloomer en lainage bleu marine de La Belle Jardinière, présenté mercredi 29, salle 1 à Drouot par Tessier & Sarrou et Associés (M. Grassat, expert).

Agenda

Le lever de rideau revient à un ensemble d’archives provenant du surintendant de la maison de Monsieur, le comte de Provence, Cromot du Bourg, la suite à des tableaux anciens de l’école française ou hollandaise comme ce panneau de l’entourage de Cornelis de Haarlem début XVIIe, Le Concert, estimé 8 000/10 000 €. Sans transition, on poursuit avec des costumes et accessoires fin XIXe-début XXe, ayant trait au sport ou à la villégiature – ensembles de bains, robes de bord de mer ou de tennis, tenue de cycliste, patins à glace, malles de chez Moynat, cache-poussière pour la conduite automobile, costume de chasse, tenue de golfeur pour garçonnet… (est. 50 à 1 200 €). Un coffre en chêne mouluré sculpté polychrome, marqueté de motifs d’architecture, travail d’Allemagne du Sud d’époque XVIe, pourrait trouver preneur à 6 000/8 000 €, tandis qu’une Vierge à l’Enfant avec deux putti en bronze, attribuée au Vénitien Niccolò Roccatagliata nécessitera 15 000/20 000 €. D’Italie du Nord ou d’Allemagne fin XVe ou début XVIe, une paire de putti en buste en marbre, offrant des restes de polychromie, est annoncée à 8 000/12 000 €.

mercredi 29 mai 2019 - 11:00 - Live
Salle 1 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Tessier & Sarrou et Associés
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