Le glorieux passé selon Hubert Robert

Le 11 février 2021, par Caroline Legrand

Beauté et sérénité règnent sur ce paysage idéalisé, dans lequel quelques promeneurs s’attardent au milieu de pierres antiques… « Robert des ruines » a maîtrisé le temps !

Hubert Robert (1733-1808), Promeneurs dans un paysage de ruines, huile sur toile, signée sur la pierre, 155 145 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

Vêtu d’une toge antique, un homme est surpris en pleine lecture d’une stèle romaine. Si Hubert Robert porte un regard admiratif sur ce glorieux passé disparu, il peint également un éloge à la vie se renouvelant sans cesse, avec ses personnages évoluant à la suite de leurs lointains ancêtres. Bien qu’imaginaires eux aussi, ces visiteurs reflètent le vécu du peintre, qui passa onze années en Italie. Un séjour réalisé durant sa jeunesse, de 1754 à 1765, qui lui servit de base de réflexion et de répertoire à images. Après avoir été l’élève de Michel-Ange Slodtz, Robert effectue le voyage transalpin aux côtés de son mécène l’ambassadeur de France à Rome, Étienne-François duc de Choiseul, pour lequel son père travaillait. Sans véritable poste à l’Académie de France, il y fréquente pourtant les grands artistes de l’époque, comme Fragonard et Claude-Louis Châtelet, mais aussi des personnalités tel l’abbé de Saint-Non, qui lui permet de découvrir Naples et Pompéi. Les œuvres de Panini ou les dessins de Piranèse – dont il fréquente l’atelier de gravure – trouvent également un écho dans ses paysages à la touche fluide et claire. De retour en France, ses «caprices» aux compositions à la fois classiques et préromantiques obtiennent immédiatement un grand succès. En 1766, il est agréé et reçu à l’Académie française le même jour, un privilège rare. Parmi ses plus grands admirateurs figurent les rois Louis XV et Louis XVI, ou encore Denis Diderot. Le critique d’art et philosophe écrit, pour son Salon de 1767 : « O les belles, les sublimes ruines ! […] Le temps s’arrête pour celui qui admire. Que j’ai peu vécu ! Que ma jeunesse a peu duré ! […] Les idées que les ruines réveillent en moi sont grandes. Tout s’anéantit, tout périt, tout passe. Il n’y a que le monde qui reste. Il n’y a que le temps qui dure. Qu’il est vieux ce monde ! »

Panorama (avant-vente)

Aristocrate des îles

Le 11 février 2021, par Caroline Legrand

Prévoir 1 500/2 500 €, le dimanche 14 février à Saint-Jean-de-la-Ruelle, pour ce Portrait présumé de Jenny Marie du Mesgnil (Dumesnil) d’Engentes peint à l’huile sur toile en 1887 par Henri-Lucien Doucet (1856-1895). De 181 149,5 cm, cette œuvre présente les armes d’alliance Jousselin-Du Mesgnil en haut à droite, ainsi que des étiquettes d’exposition à Munich et à Chicago. Le peintre et pastelliste français s’était spécialisé dans les portraits mondains. C’est grâce à la découverte d’une estampe représentant cette œuvre, et accompagnée d’un envoi manuscrit de l’artiste adressé à une certaine Jenny Marie du Mesgnil, que le commissaire-priseur de la maison Philocale OVV a pu identifier le modèle, une jeune femme issue d’une famille aristocratique des îles, qui connut un certain prestige à cette époque.

Agenda
Un bel éclectisme règnera sur cette vente dominée aussi bien par une toile du peintre du XVIIIe, Hubert Robert, représentant des Promeneurs dans un paysage aux ruines, prisée 20 000/30 000 €, que par un vase couvert d'Henri Simmen inspiré de l'art japonais, en grès à corps sphérique godronné et petit col rentré à épais émail rouge orangé et couvercle d'origine floriforme en ébène sculpté, dont on attend 4 000/6 000 €. Tout comme l'objet précédent, un vase de Georges Bastard, en taille directe en ivoire à corps conique et épais, provient de la collection Louise Boulanger, modiste à Paris dans les années 1930 (4 000/6 000 €) mais aussi un Portrait présumé de Jeanne Hébuterne en métal spatuliforme repoussé réalisé par un artiste de l'entourage de Jeanne Hébuterne, compagne et muse d'Amedeo Modigliani (2 000/3 000 €). Deux pastels et gouaches d'Alexandre Iacovleff, Jeune femme au turban rose assise de trois quarts, Tunis et Femme assise de face, Tunis, datés de 1930 et annoncés chacun à 4 000/6 000 €, seront aussi à prendre en considération.
dimanche 14 février 2021 - 02:00 - Live
Saint-Jean-de-La-Ruelle - Salle Saint-Jean, 12, rue Jean-Nicot - 45140
Philocale
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