Lin Fengmian, un attachement à la nature

Le 10 décembre 2020, par Claire Papon

Sous un ciel d’orage, au bord d'une une mer agitée, seul Lin Fengmian s’est risqué dehors. Maisons et embarcations sont serrées les unes contre les autres, comme pour mieux affronter les éléments.

Lin Fengmian (1900-1991), Paysage, gouache sur papier, 69 69 cm.
Estimation : 60 000/80 000 

Les lignes horizontales scandent cette composition carrée, les teintes froides font écho aux blancs et aux ocres. Lin Fengmian semble s’être plu à représenter des bords de mer, ou de lac, à l’atmosphère sombre, dont on ne sait s’ils représentent la France ou sa Chine natale. Né à Guangdong, dans une famille de tailleur de pierres, il a 18 ans quand il arrive en France. Après une première formation artistique à Dijon, il intègre l’École des beaux-arts de Paris et vit l’époque bouillonnante des années 1920. Il fréquente Modigliani et Matisse, dont le rapport à la couleur le fascine, regarde Rouault, séjourne à Berlin pour s’imprégner de l’expressionnisme d’Emil Nolde. De retour en Chine, en 1925, sa première exposition l’attendant à Pékin, il obtient le poste de directeur de l’Académie nationale des arts de la ville, avant de fonder la sienne à Hangzhou. Acteur majeur de la rupture avec les traditions artistiques de son pays, il croit en la liberté de création et exhorte ses jeunes compatriotes, parmi lesquels Zao Wou-ki, à s’ouvrir à l’art de Van Gogh et Cézanne. Limogé suite à l’avènement, le 1er octobre 1949, de la République populaire, il part pour Shanghai, où il continue à peindre dans un isolement total. Nombreuses toutefois sont les œuvres qu’il détruit afin qu’elles ne soient pas utilisées contre lui, ce qui ne l’empêchera pas d’être emprisonné de 1968 à 1977. Libéré, il s’installe à Hong Kong auprès de ses parents, travaille ardemment et voyage en Europe, comme pour rattraper le temps perdu.

Agenda
À tout seigneur tout honneur, commençons par la couverture du catalogue. Elle revient à une gouache au monogramme de Fernand Léger du début des années 1950, Cirque, et est annoncée à 20 000/30 000 €. De Paul Jouve, on tentera sa chance sur un Éléphant et son cornac, 1923 (huile sur panneau, 7 000/9 000 €), de Jean Crotti, une toile de 1922, Deux castillanes, espérée à 10 000/12 000 €. Les amateurs de peinture chinoise moderne auront le choix, selon leurs moyens, entre une Femme assise au fauteuil à l'aquarelle par Sanyu (10 000/15 000 €), un Personnage dans un paysage montagneux et feuillagé de Fu Baoshi (dessin à l'encre en forme d'éventail, 1960, 40 000/50 000 €) et un Paysage de bord de mer (gouache) de Lin Fengmian (60 000/80 000 €). Plusieurs creusets d'Edgard Pillet sont au programme dont un Scarabée à suivre à hauteur de 6 000/8 000 €.
mercredi 16 décembre 2020 - 02:30 - Live
Salle 10 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Delon - Hoebanx
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