Hoang Tich Chù, la laque vietnamienne tout en couleurs

Le 07 septembre 2021, par Caroline Legrand

Décédé il y a à peine une vingtaine d’années, Hoang Tich Chù s’impose comme l’un des plus grands laqueurs vietnamiens avec des œuvres tel ce paravent, acheté directement auprès de l’artiste à Hanoï.

Hoang Tich Chù (1912-2003), Paysage vietnamien, vue sur la pagode Chuâ Thây, 1941, paravent à trois feuilles en bois laqué brun, rouge, orange et rehaussé d’or et d’argent, signé et daté, 101 66,5 cm (chaque panneau).
Estimation : 60 000/80 000 

Brun, rouge, orange, mais aussi or et argent… Hoang Tich Chù a renouvelé l’art de la laque au Vietnam grâce à sa palette, beaucoup plus variée que celle de ses prédécesseurs. Cette technique traditionnelle vietnamienne, utilisée pour tous les objets décoratifs comme pour le mobilier, devait acquérir une autre dimension artistique grâce à l’enseignement de l’École supérieure des beaux-arts de l’Indochine, fondée en 1925. Hoang Tich Chù y entre pour sa part en 1929. Il y étudie notamment le dessin, sous la direction de Nguyen Nam Son. Mais des difficultés familiales repoussent ses études, et il ne sera finalement diplômé qu’en 1941 : une année riche en événements, puisqu’elle le voit également ouvrir son atelier de peinture et de laque, rue Hang Khoai à Hanoï, et réaliser cet important paravent à trois feuilles. Celui-ci fut commandé directement à l’artiste par les grands-parents des propriétaires actuels, au moment de la naissance de leur second fils et alors qu’ils vivaient à Nam Dinh. Sur plus de trois mètres de longueur, l’ouvrage représente la pagode Chuâ Thây entourée d’un paysage et de son lac artificiel. Ce temple bouddhiste – l’un des plus anciens encore en place dans le pays, datant du XIe siècle – est un lieu de pèlerinage célèbre et prisé des Vietnamiens. Les temples occupent la partie centrale du paravent et sont entourés de montagnes, arbres et eau. Autant de sujets qui permettent à Hoang Tich Chù d’exprimer sa riche palette. Cette dernière est par ailleurs le résultat de l’utilisation de matériaux novateurs afin de créer des couleurs plus vives, mais aussi plus résistantes. Parmi ces derniers, la coquille d’œuf broyée ou incrustée pour le blanc et le bleu, mais aussi la feuille d’or, la poudre d’argent et celle de rubis pour les rouges. Une œuvre décidément des plus précieuses !

Agenda
Vente éclectique et de prestige en vue, marquée par un grand paravent en laque peint en 1941 par Hoang Tich Chù (1912-2003) à sujet de Paysage vietnamien, vue sur la pagode Chuâ Thây, qui pourrait bien dépasser l'estimation de 60 000/80 000 € au regard des récents résultats pour des objets de ce type (voir Gazette n° 31, page 70). Les arts anciens ne seront pas en reste avec notamment une Étude d'après Marguerite à la pierre noire rehaussée de blanc, sur papier bleu, de Pierre Paul Prud'hon, passée par les collections de Boulanger de Bauffremont, Pierre Jourdan et Delattre. 15 000/20 000 € sont à envisager pour ce portrait d'un modèle qui posa à plusieurs reprises pour le peintre. On restera dans l'art graphique avec un carnet contenant environ 122 dessins au crayon noir, du peintre lyonnais du XVIIIe Jean Pillement (15 000/20 000 €). De même époque, deux toiles de Charles François Lacroix de Marseille, Pêcheurs près d'un port au petit matin et Le Coucher de soleil, sont annoncées à 50 000/80 000 €. On passera au XIXe avec l'huile sur panneau de Félix Ziem, Embarquement sur le quai des Esclavons, Venise, dont sont prévus 30 000/40 000 €. Concluons sur une commode Transition de Jean-François Leleu, en placage d'acajou blond de Cuba et à ressaut central, que l'on se disputera autour de 22 000/30 000 €. 
samedi 18 septembre 2021 - 10:00 - Live
Corbas - 18, boulevard des Nations - 69960
Bérard - Péron
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