Succession Wildenstein

Le 11 mars 2021, par Claire Papon

Des céramiques, des tableaux sur le thème des courses, des bronzes et du mobilier XVIIIe côtoient un précieux bronze égyptien.

Égypte, époque saïte ou Basse Époque, XVIe-XXXe dynasties (664-332 av. J.-C.). Statuette votive en bronze figurant la déesse Bastet sous la forme féline, h. 34 cm.
Estimation : 60 000/80 000 €

Elle fut l’épouse de Daniel Wildenstein (1917-2001), célèbre collectionneur et marchand d’art, comme son père et son grand-père. Quand, en 1978, celui que l’on surnomme «l’homme aux 10 000 tableaux» épouse Sylvia Roth, ancien mannequin d’origine ukrainienne et sergent dans l’armée israélienne, rencontrée un soir de Saint-Valentin au restaurant Ledoyen, il sait qu’il lui transmettra sa passion pour les chevaux. La casaque bleue Wildenstein remportera quatre fois le prix d’Amérique, deux fois celui de l’Arc de Triomphe, cinq fois celui de Diane. Le couple partage sa vie entre Paris, New York, les îles Vierges et le Kenya – leur ranch a servi de décor à Out of Africa. Sylvia Wildenstein décède à son domicile parisien en novembre 2010, à 77 ans. La vedette de cette vente de succesion est un chat, mais pas n’importe lequel : c’est une statuette votive représentant la déesse Bastet sous la forme féline. L’animal, conservé dans la collection depuis les années 1970, assis sur son socle ancien en bois, impressionne par ses dimensions assez exceptionnelles et son raffinement dans les détails. Ses yeux étaient en effet incrustés dans un autre matériau – calcite blanc – offrant un effet naturaliste, ses moustaches sont traitées par des incisions d’une grande finesse, son cou est paré d’un collier incisé, orné d’un pendentif en forme de cœur, et le sommet de sa tête gravé d’un scarabée. Estimé modestement 60 000/80 000 €, ce bronze – représentant la réincarnation en félin apaisé de la déesse sauvage et sanguinaire Sekhmet – devrait être disputé bien au-delà par une clientèle internationale. En attendant cette belle surprise, les amateurs tenteront leur chance sur des statuettes de jockeys en porcelaine aux couleurs de Daniel et Sylvia, une commode demi-lune Louis XVI, marquetée de paysages et bouquets fleuris et marquée des deux «G» entrelacés de l’appartement de Marie-Antoinette aux Tuileries (10 000/15 000 €) ou encore une console Louis XV en bois doré richement sculpté, réalisée d’après un modèle de l’ornemaniste Nicolas Pincau (15 000/20 000 €).
 

Ce fauteuil à châssis fait partie d’une suite de six – dont deux sont estampillés «Tilliard» — en hêtre doré sculpté de grenades et cartou
Ce fauteuil à châssis fait partie d’une suite de six – dont deux sont estampillés «Tilliard» — en hêtre doré sculpté de grenades et cartouches, pour laquelle 20 000/30 000 € sont demandés. Au père, Jean-Baptiste Tilliard (né en 1685), menuisier ordinaire du Garde-Meuble, succéda le fils, Jean-Baptiste II, reçu à la maîtrise en 1752. Maintenant les productions de l’atelier parisien, ce dernier s’entoura de nombreux collaborateurs d’autres corps de métier, comme le sculpteur Chaillon et le doreur Mathon. Père et fils utilisèrent la même estampille.
C’est entre 2 000 et 3 000 € qu’est estimé ce buste de Sylvia Wildenstein en bronze doré (cire perdue, fonte C. Valsuani, h. 101 cm) par P
C’est entre 2 000 et 3 000 € qu’est estimé ce buste de Sylvia Wildenstein en bronze doré (cire perdue, fonte C. Valsuani, h. 101 cm) par Paul Belmondo (1898-1982). Dans ce mode d’expression privilégié, tout spécialement pour les femmes, le sculpteur exalte la beauté du modèle, tout en limitant mouvement, expression et détail vestimentaire. L’œuvre est un subtil agencement de plans dont le plus important est ici celui de la chevelure à la forme arrondie, élément de modernité, qui encadre le visage, scandé par une lourde frange.

Il faudra pousser jusqu’à 40 000/60 000 € pour espérer repartir avec ce bronze à patine médaille, d’époque Louis XIV (35,5 x 34 cm) mettan
Il faudra pousser jusqu’à 40 000/60 000 € pour espérer repartir avec ce bronze à patine médaille, d’époque Louis XIV (35,5 34 cm) mettant en scène Flore, dénudée, tendant des roses à Cupidon assis sur un panier de fleurs. Une œuvre qui arrive à la veille du printemps, et dont le style rappelle deux groupes attribués à Corneille Van Cleve (1645-1732), Vénus désarmant l’Amour et Psyché découvrant l’Amour conservés au Staatliche Kunstsammlung de Dresde. Deux statuettes anonymes, de même esprit, appartiennent aux collections royales anglaises et à la Wallace Collection. Excusez du peu…
Cette œuvre exécutée sur deux pages de programme (28 x 42 cm) fait partie d’un ensemble de quatorze gouaches réalisées par Maurice Taquoy
Cette œuvre exécutée sur deux pages de programme (28 42 cm) fait partie d’un ensemble de quatorze gouaches réalisées par Maurice Taquoy (1878-1952) sur des champs de courses parisiens entre 1925 et 1942. Nous voici à Auteuil lors de la réunion d’été du 20 juin 1926, où se tiennent notamment les prix de la Source et Lutteur III, mais surtout le Grand Steeple – course d’obstacles la plus prestigieuse de l’Hexagone –, remporté cette année-là par Portmore, un quadrupède âgé de 11 ans appartenant au milliardaire belge Alfred Lœwenstein, devant un public venu en nombre, et visible en tête du défilé. Pour décrocher notre feuille peinte, il faudra engager 1 000/1 200 €.
Agenda
À l'affiche de cette salle ? Les œuvres sur papier, les tableaux, mais aussi des bijoux, des céramiques allemandes, des objets de décoration ainsi que du mobilier provenant de la succession de Sylvia Wildenstein. Sans oublier une grande statuette votive en bronze de la déesse-chatte Bastet,d'époque saïte ou de Basse Époque, estimée 60 000/80 000 €. Voire plus si affinités…
vendredi 19 mars 2021 - 01:30 - Live
Salle 5-6 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre
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