Georges Masson : le Pays basque dans le cœur

Le 17 février 2021, par Caroline Legrand

Saint-Jean-de-Luz est un petit bijou de la côte atlantique, et le sujet idéal pour un artiste qui cherche à promouvoir sa région, tel Georges Masson.

Georges Masson (1875-1948), Les Quais à Saint-Jean-de-Luz, huile sur panneau signée, 79 99 cm. 
Estimation : 25 000/30 000 

C’est en 1918 que le peintre s’installe dans une maison au 53, quai Maurice-Ravel, à Ciboure. Georges Masson revient alors de la guerre, où il a perdu une jambe. Bien qu’il soit né à Étretat, sa famille est originaire de Bayonne, et il chérit le Pays basque depuis son enfance, durant laquelle il y passait de nombreuses vacances, notamment à Guéthary. C’est tout naturellement cette région qu’il choisit, alors qu’il est âgé de 43 ans, pour trouver un havre de paix bien mérité. Et il a fort bien élu son adresse, puisqu’il y jouit d’une vue sans pareille sur Saint-Jean-de-Luz, de l’autre côté de la baie de Socoa, tout comme le compositeur Maurice Ravel avant lui ; d’ailleurs, le peintre vivra précisément dans la maison de ce dernier à la fin de sa vie. La ville, port de pêche, prit son essor grâce aux expéditions à Terre-Neuve et à la pêche à la morue, et connut son apogée suite au traité des Pyrénées et au mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche, infante d’Espagne, en 1660. À l’arrière-plan à droite de cette composition plus colorée qu’à l’habitude et fortement structurée — où Georges Masson fait s’opposer les diagonales des bateaux et les verticales des architectures —, l’on distingue la maison dans laquelle le roi logea à cette occasion. À partir de la fin du XIXe, et son élection par l’impératrice Eugénie comme lieu de villégiature préféré, le Pays basque devient «à la mode». Saint-Jean-de-Luz est une importante ville balnéaire, dont la plage protégée par les digues est favorable à la baignade. Le début du siècle suivant confirmera cette voie, avec l’accueil de touristes de renom, issus de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie européennes, mais aussi d’artistes attirés par cette région authentique, et soucieux de mettre en avant les traditions locales. Dans les années 1920, certains d’entre eux décident, à l’instar de peintres espagnols, de s’associer pour créer le «groupe des neuf». Masson en fait partie, aux côtés de Ramiro Arrue, de Gabriel Domergue ou de Perico Ribera… Lui s’est toutefois spécialisé dans les paysages, comme en témoignent aussi dans cette vente ses vues de Tristantenia (8 000/10 000 €) et de la Rue de Sare, une toile annoncée à 10 000/12 000 €.

Agenda
Cap le samedi 20 février sur le Pays basque en compagnie du peintre Georges Masson, membre emblématique du groupe des neuf qui voulait promouvoir la peinture de la région. Il livrera plusieurs paysages dont Les Quais de Saint-Jean-de-Luz, attendu à 25 000/30 000 € et Rue à Sare, à 10 000/12 000 €. Pour les plus petits budgets, nous signalerons Le Marché en Espagne d'Henri-Achille Zo, prisé 4 000/5 000 €, Sous les arcades à Sare de Louis Floutier, pouvant grimper à 2 000/3 000 €, ou encore Pins dans les Landes à Biscarosse, signé Henri Tayan et prévu à 1 800/2 000 €. 
samedi 20 février 2021 - 02:30 - Live
Biarritz - 6, allée de l'Aéropostale - 64200
Biarritz Enchères
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