José et Ramiro, les Arrue en famille

Le 21 juillet 2021, par Caroline Legrand

La peinture était une histoire de famille chez les Arrue. José et Ramiro le prouveront une nouvelle fois, avec des œuvres comme toujours vouées au Pays basque.

Ramiro Arrue (1892-1971), Le Retour de pêche, huile sur panneau signée, 54 77 cm.
Estimation : 60 000/80 000 €, 
Adjugé : 125 240 €

Les quatre frères Arrue – Alberto, José, Ricardo et Ramiro – sont nés à Bilbao, en Espagne. Leur enfance fut marquée par l’absence tragique de leur mère, morte en donnant naissance à Ramiro, en 1892. Ils furent élevés par leur père, Lucas de Arrue, et leur tante Matide. Cette dernière, antiquaire, initie ses neveux à la peinture, tandis que leur père, administrateur d’une société d’assurances, collectionne les tableaux. Il vendra même certains d’entre eux, notamment un Goya, pour payer les études artistiques de ses quatre fils. José se formera au fil de ses voyages – accompagné au début par sa tante – à Milan, Nice, Marseille et enfin à Barcelone, au Cercle artistique barcelonais. De retour dans sa ville natale, il travaille avec son frère aîné Alberto, puis enseigne à l’école des arts et métiers. Mais il poursuivra ses périples, notamment à Paris, où il retrouve Ramiro et Ricardo – installés depuis 1907 dans la capitale française avec leur tante –, et à Saint-Jean-de-Luz, où il se rend régulièrement et où Ramiro le rejoindra en 1915. José réalise des affiches de corrida et de publicité, mais aussi des caricatures pour les journaux. Son style réaliste au dessin clair s’adapte parfaitement à l’illustration, comme en témoigne sa gouache intitulée Bilbao et le Pays basque entre campagne et industrie, réalisée autour de 1930 et qui pourrait être un projet publicitaire. Elle synthétise parfaitement l’identité de la capitale basque, dont la frénétique activité économique est symbolisée par la machine et l’homme en tenue de vendeur. Au fond, on aperçoit le Conseil provincial et la célèbre horloge à quatre faces de la ville. De la main de José, l’on pourra s’offrir également une traditionnelle scène de vie quotidienne avec Le Parvis de l’église au Pays basque, une gouache attendue à 10 000/15 000 €. Quant au plus célèbre de la fratrie, son petit frère Ramiro qui fut son fidèle partenaire de pelote à Saint-Jean-de-Luz, il sera présent avec plusieurs œuvres, dont ce Retour de pêche (60 000/80 000 €) et les Travaux des champs, une huile sur panneau à 10 000/15 000 €. Les frères Arrue renouent aujourd’hui sur le marché avec la reconnaissance qu’ils connurent lors de l’Exposition internationale de 1925 ou à l’occasion de leur tournée en Amérique du Sud, trois ans plus tard.
 

José Arrue (1885-1977), Bilbao et le Pays basque, entre campagne et industrie, gouache signée, avec légende en espagnol : « Il y a trop d’
José Arrue (1885-1977), Bilbao et le Pays basque, entre campagne et industrie, gouache signée, avec légende en espagnol : « Il y a trop d’étincelles… pour allumer la pipe », 52 41,5 cm.
Estimation : 7 000/10 000 
Agenda
Samedi 7 août, on s'intéressera aux arts du XXe siècle et au régionalisme basque. Une commode rectangulaire des années 1980, laquée beige et recouverte de panneaux de verre (3 000/3 500 €) côtoiera dans la première partie un fauteuil en rotin et bois de cerf gravés de Camille Piaton, baptisé Promenons-nous dans les bois (3 800/4 000 €). Pablo Picasso démontrera ses talents de céramiste avec un plat à Tête de chèvre de profil,  issu d'un modèle créé en 1952 et édité chez Madoura (3 000/5 000 €), et un pichet tourné en terre cuite de faïence blanche à décor aux oxydes gravés au couteau sur émail – blanc, noir, bleu et brun – du modèle créé en 1955 Cruchon hibou (4 000/6 000 €). Félix Élie Bonnet, dit Tobeen, mènera ensuite une belle sélection de peintres basques. Son style moderne et marqué par le cubisme sera illustré par la toile A Tuna !, à envisager à 25 000/30 000 € (voir Une Gazette n° 28 et page 6), mais aussi par son interprétation très personnelle de la Vénus aux colombes ou le Nid, datée vers 1920 (25 000/30 000 €). Il faudra ensuite prévoir 8 000/12 000 € pour Fin de partie (Sare) de Georges Masson, 8 000/10 000 € pour Les Bouviers sur la plage, ramasseurs de goémon de Louis Floutier et 2 500/3 000 € pour Biarritz, sur la plage de Martin Lindenau. Concluons sur une sculpture d'extérieur en cinq plaques d'acier Corten découpées et assemblées formant une Composition abstraite, par Inigo Arregi (20 000/30 000 €), mais aussi des œuvres des frères Arrue, Ramiro et José, dont Le Retour de pêche du premier, qui pourrait partir à 60 000/80 000 €.
samedi 07 août 2021 - 14:00 - Live
Saint-Jean-de-Luz - 8, rue Dominique-Larréa, Z.A. Layatz - 64500
Côte Basque Enchères Lelièvre - Cabarrouy
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