Poul Henningsen, au-delà du design

Le 02 juin 2021, par Caroline Legrand

Poul Henningsen est l’une des grandes figures du design du XXe siècle. Un artiste qui a marqué le monde du luminaire, mais aussi la vie culturelle de son pays.

Poul Henningsen (1894-1967), suspension Artichoke, luminaire composé d’une armature en métal et de lamelles métalliques couleur cuivre, édition Louis Poulsen des années 1970, h. 57, diam. 67 cm.
Estimation : 3 000/3 200 

Bien plus qu’un designer, Poul Henningsen est considéré comme un artiste aux multiples facettes au Danemark. S’il a sans conteste renouveler le domaine du luminaire, il est également connu dans son pays comme un écrivain majeur et un homme très engagé politiquement. Fils de l’autrice et militante Agnès Henningsen, il a suivi des études d’architecture entre 1911 et 1917, à l’école technique de Frederiksberg et à l’université de Copenhague, avant de se tourner finalement vers le design, et plus exactement l’éclairage. Dès les années 1920, il commence en parallèle à écrire pour diverses revues, prônant un renouveau des arts, mais aussi le retour à un mode de vie plus simple et en prise directe avec la nature. Marqué par la doctrine communiste, il a lutté contre le fascisme, et a dû s’exiler en Suède durant la Seconde Guerre mondiale. Il deviendra donc à plus d’un titre une voix qui compte au Danemark. Mais revenons à notre suspension créée par celui que l’on surnommait « PH ». Henningsen a lancé dès les années 1920 sa série de luminaires nommée « System PH », avec comme objectif de répondre à l’évolution des ampoules à incandescence avec des modèles élégants, novateurs et économiques, tout en veillant à ce que la lumière ne soit pas éblouissante. Il conçoit ainsi en 1925 la suspension PH 31/2-3, à trois abat-jour en verre opalin soufflé, pour le pavillon danois à l’Exposition des arts décoratifs et industriels modernes à Paris… où elle remporte une médaille d’or. On retrouve ce système de réflecteurs et de lamelles – largement multiplié, puisque l’on compte soixante-douze feuilles d’aluminium montées sur douze arches d’acier chromé – dans la lampe Artichoke, mot signifiant « pomme de pin ». Née en 1958 dans le cadre de l’aménagement du restaurant Pavillon Langelinie à Copenhague, elle fut, comme la plupart de ses créations, éditée par Louis Poulsen, le partenaire de la première heure.

Agenda
Placée sous le signe de la modernité, cette vente proposera meubles, tableaux et objets d'art datés entre 1920 et 1980. On débutera par les arts décoratifs avec notamment une suspension Artichoke du designer danois Poul Henningsen, à envisager à 3 000/3 200 €. Du côté des meubles se distingueront une table modèle Brésil de Charlotte Perriand en acajou, éditée par Sentou dans les années 1970 (10 000/15 000 €), un lit dit Scal de Jean Prouvé, à piétement en tube d'acier laqué noir et structure en tôle d'acier pliée et laquée noir (8 000/12 000 €), sans oublier une paire de fauteuils Koala de Garouste et Bonetti, édités par Avant-Scène (3 000/5 000 €). On se tournera ensuite vers les cimaises pour admirer le travail de Lyonnais tels Jacques Truphémus avec Les Quais, de 1955 (8 000/10 000 €), ou encore Philippe Dereux avec un collage d'épluchures et d'éléments végétaux sur panneau, La Mascarade, de 1994 (6 000/8 000 €). À leurs côtés, citons Bengt Lindström pour une toile Sans titre (6 000/8 000 €) et Vladimir Velickovic avec un dessin à l'encre et collage sur papier, Cri Fig XXI, de 1989 (4 000/6 000 €). 
jeudi 10 juin 2021 - 14:30 - Live
Lyon - Hôtel des ventes, 70, rue Vendôme - 69006
De Baecque et Associés
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