Vasarely, hors cinétisme

Le 05 juin 2019, par Claire Papon et Anne Foster

L’importante rétrospective Vasarely au Centre Pompidou, qui s’est terminée au début de mai dernier, a été un succès. Cette figure majeure de l’abstraction sous sa forme cinétique a laissé une œuvre multiple.

Victor Vasarely (1906-1997), Dorog, 1963-1990, acrylique sur toile, 61 50 cm.
Estimation : 60 000/80 000 

Un jeune et ambitieux Hongrois débarque en 1930 à Paris. Abandonnant des études médicales, il a suivi les cours de l’académie Mühely à Budapest, proche des concepts enseignés par le Bauhaus. Il en retient la multiplicité des matières et des formes d’art, des créations destinées à tout le monde. Dans la capitale française, il travaille comme dessinateur publicitaire, notamment chez Havas. Il est conforté dans ses choix de lignes simples, imbriquées et dynamiques. Créer du mouvement sur une surface plane, c’est ce que Vasarely recherche. Il va alors amorcer une sorte de retour en arrière, prenant appui sur des formes naturelles, comme les galets pour la série «Belle-Ile», les jeux de lumière sur les murs de Gordes ou encore les craquelures des carrelages de faïence de la station Denfert-Rochereau… On peut voir dans cette toile brossée dans une palette de bruns, noirs, verts et jaunes en aplats, de larges feuilles légèrement agitées par le vent, ou encore une grande conque posée sur diverses surfaces. Sans oublier de juste prendre le plaisir de suivre l’artiste dans ses plans colorés. De toutes ses expériences des années 1950, Vasarely a retenu que le mouvement ne relève pas de la composition ni d’un quelconque sujet, mais de l’appréhension par le regard qui en est le seul créateur. Bientôt, il fera onduler les formes sur la toile selon des principes mathématiques, dans une harmonie de couleurs. Il fait descendre l’art dans la rue, réalisant de grandes fresques en façade, dessinant des décors pour la télévision, concevant des services de table… et le bâtiment de sa fondation, à Aix-en-Provence.

Agenda

Hans Hartung (1904-1989) domine le chapitre de l’art d’après-guerre avec un acrylique sur papier buvard, marouflé sur toile, Sans titre, 1980, mesurant 100 x 65 cm, avec une estimation de 40 000/50 000 €. Pour les artistes contemporains, retenons un Signal, 1969, fer peint et objets trouvés, œuvre unique de Takis (25 000/35 000 €) et Le Concert, 1988, acrylique sur toile découpée de Kriki (né en 1965), mesurant 200 x 200 cm. Son estimation ? 12 000/18 000 €.

mercredi 12 juin 2019 - 02:30 - Live
Salle 1 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Millon
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