Une collection autour de l’opium

Le 11 novembre 2020, par Caroline Legrand

L’ensemble réuni par Christian Fouanon sur le thème de l’opium nécessite deux jours de vente. Une occasion rare de percer les mystères de cet univers caché.

Chine, Hong Kong. Ancienne pipe à eau en paktong et émail cloisonné à décor parqueté, signature sous le couvercle du récipient à tabac, la chaînette de suspension, aux maillons en forme de trèfle, rejoignant l’embout du fourneau fermé par un bouchon, h 25 cm.
Estimation : 140/200 

Avec des estimations à quelques dizaines et centaines d’euros pour la plupart, les 645 lots de cette collection permettront à chacun de s’immiscer dans cet univers mystérieux, sur fond d’interdit et de luxure. Cet opiacé, consommé depuis l’Antiquité à des fins religieuses, thérapeutiques ou psychotropes, a vu sa production exploser suite à la colonisation britannique en Asie. Bien plus tôt, après une chute de sa consommation suivant celle de l’Empire romain, l’opium revit le jour avec les croisades, et le commerce qu’en firent les Arabes et notamment les Grands Moghols, qui régnèrent sur les Indes du XVIe au XVIIIe siècle. Ces derniers le firent découvrir aux Chinois. L’opium se place ainsi rapidement au cœur d’une rivalité commerciale entre l’Europe et la Chine. En effet, les Européens, et surtout les Anglais avec leur Compagnie des Indes à partir de la fin du XVIIIe siècle, en cultivent et en orchestrent la vente à grande échelle vers la Chine. Les Chinois, devenus de grands consommateurs, dépensent une partie de leur richesse dans cette addiction, qui provoquera au XIXe siècle deux guerres successives : les autorités chinoises voudront mettre un terme à sa consommation, tandis que les Anglais souhaiteront préserver ce lucratif commerce… Le psychotrope donna en tout cas naissance en Chine à tout un ensemble d’objets liés à son usage, comme les pipes, les lampes, les fourneaux, les aiguilles, les poids ou les balances. Lors de cette vente seront ainsi présentés le vendredi nombre de pipes à eau et matériaux divers, comme, parmi les premières, un modèle de table en porcelaine blanche monochrome craquelée du XVIIe siècle, la monture de l’anse étant en bronze (1 280/1 600 €), ou une ancienne version dite «mandarin», de forme tubulaire, exécutée dans une racine de bambou avec des incrustations de nacre (320/480 €). Des photos compléteront le sommaire de ce premier jour. Le samedi, on découvrira des pipes à opium horizontales, dont l’une de la première moitié du XIXe siècle en ivoire, à décor de loir en sommeil et à la plaquette en argent sur laquelle figure une marque impériale (1 200/2 400 €), mais aussi un coffret chinois de voyage en bois précieux, complet de tous les objets nécessaires au fumeur (1 600/2 400 €), sans oublier une lampe de fumeur en argent, au piétement à six pans repercé et à décor de dragons (640/960 €)…
 

Vers 1900. Photo de deux fumeurs d’opium chinois, ancien tirage papier, 15 x 20 cm. Estimation : 60/80 €
Vers 1900. Photo de deux fumeurs d’opium chinois, ancien tirage papier, 15 20 cm.
Estimation : 60/80 
Agenda
Après la vente de sa bibliothèque, plus de six cents objets portant sur l'univers de l'opium, issus de la collection Christian Fouanon, seront dispersés sur deux jours. Cette première vacation sera essentiellement consacrée aux pipes à eau – dont un grand modèle chinois en émail cloisonné entièrement orné d'entrelacs végétaux (280/400 €) –, mais proposera également des ouvrages sur ce thème, des porcelaines, des cartes postales anciennes, des poids à opium ou encore un spectaculaire et ancien étui à pipe à tabac (kiseru) sculptée de deux rats rongeant un panier, dans une fine essence de bois et avec des incrustations de verre (240/400 €). 
vendredi 20 novembre 2020 - 14:00
Nantes - 8 bis, rue Chaptal - 44100
Salorges Enchères
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