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Portraits photographiques par Jean-Baptiste Frénet

Le 03 novembre 2021, par Claire Papon

Jean-Baptiste Frénet, vous connaissez ? Datant des années 1850, quelque 80 portraits photographiques revisitent le travail de ce Lyonnais atypique.

Portraits photographiques par Jean-Baptiste Frénet
Jean-Baptiste Frénet (1814-1889), Madame Frénet, sa mère madame Frappa, et l’une de ses filles, tirage sur papier salé, vers 1850-1855, 16 21,8 cm.
Estimation : 4 000/5 000 

Le 22 janvier 2000, la maison Pescheteau-Godeau-Leroy livrait à Drouot l’atelier photographique de Jean-Baptiste Frénet. Soit un ensemble d’épreuves sur papier salé, aux tonalités bien conservées, dont certaines entrèrent dans les collections des musées d’Orsay et de l’Albertina à Vienne. Mais depuis, rares sont les ventes dans lesquelles son nom apparaît. Ce contemporain de Nadar n’a pas connu la même notoriété. Loin d’être figés, ses personnages – des membres de sa famille et son entourage – sont saisis dans leur intimité. Leurs gestes et leurs regards révèlent l’affection qu’ils se portent, les visages ou les corps ont parfois bougé et sont un peu flous, les yeux sont baissés ou même fermés. Preuve que pour Frénet, l’important n’était pas que ses modèles gardent la pose, immobiles comme des statues. Photographe de l’intime, ce Lyonnais s’est attaché à sortir des prises de vue stéréotypées de l’époque, impliquant de savantes mises en scène. Atypique dans le paysage artistique français, ce fils de fabricant d’étoffes de soie a pourtant suivi un cursus classique, des beaux-arts de Lyon à l’atelier d’Ingres à Paris, qu’il suit en Italie. Il fréquente Frédéric Ozanam et milite pour un catholicisme libéral au sein de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, condamnée par le pape Grégoire XVI. Ses créations se caractérisent par leur étrangeté, et demeurent incomprises de ses contemporains. Sa principale réalisation, le décor de la crypte Sainte-Blandine dans la basilique Saint-Martin-d’Ainay à Lyon, lui vaut de nombreuses critiques. Ses commanditaires refusent de le payer, ses fresques sont détruites. C’est à l’occasion de ce travail qu’il découvre la photographie. En 1860, il ouvre au 106, rue de l’Impératrice, dans sa ville natale, un studio commercial que la police se charge de fermer cinq ans plus tard. Très affecté par cet épisode, il se réfugie dans sa maison de Charly, commune proche de Lyon, dont il redevient maire puis conseiller général. Estimées entre 1 000 et 5 000 €, nos photographies devraient susciter l’intérêt des collectionneurs non seulement français mais aussi allemands, italiens, anglais et américains.

Agenda
Salon Paris Photo oblige, cette vacation vient sous le feu des enchères. Le parcours est chronologique et débute avec un important ensemble de portraits de Jean-Baptiste Frénet des années 1850-1855. Quinze photographies originales d'époque de Jacques-Henri Lartigue leur emboîtent le pas. Au menu, une Course de bob, 1910, endiablée (30 000/40 000 €), un portrait des Dolly Sisters, de 1927 (même estimation), ou celui de Solange, 1929, Neuilly, les yeux baissés et le visage maquillé, dont 50 000/60 000 € sont espérés. On quitte les play-boys et les élégantes du bois de Boulogne de la Belle Époque pour un ensemble de 14 photographies (et divers documents) sur le Prince impérial (vers 1860-1870, 3 500/4 500 €), ainsi qu'un album de la famille Louis Boutemy composant un panorama des régions françaises en 1855-1880 (45 planches présentant environ 500 tirages, 6 000/8 000 €). Comptez 2 000/4 000 € ensuite pour se voir adjuger des paysages de John Beasley Greene, des nus et des scènes parisiennes de Willy Ronis, Édouard Boubat ou Lucien Clergue.
mardi 09 novembre 2021 - 14:00 - Live
3, rue Rossini - 75009 Paris
Millon
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