Albert Marquet au Pyla

Le 13 janvier 2021, par Caroline Legrand
Albert Marquet se distinguera lors de la cinquième édition des ventes de peintures bordelaises, organisée par la maison Briscadieu, avec cette vue réalisée durant un été passé au Pyla.
Albert Marquet (1875-1947), Bassin d’Arcachon, jardin au Pyla, 1935, huile sur panneau signée en bas à droite, annotée au verso «Jardin Pyla 23 IIC» et datée «35», 33 41 cm.
Estimation : 50 000/70 000 
Ayant appartenu à l’épouse du peintre, Marcelle Marquet, puis à Katia Granoff, Bassin d’Arcachon, jardin au Pyla est resté dans la même collection particulière depuis 1948 et n’est donc jamais passé en salle des ventes… Un courrier de la galeriste Katia Granoff (1896-1989) authentifiant cette œuvre, daté du 13 décembre 1948, sera d’ailleurs remis à l’acquéreur. Admirons cette vision épurée et lumineuse du bassin d’Arcachon, avec la presqu’île du Cap-Ferret en arrière-plan, ces grands pins sombres contrastant avec le bleu de l’eau et du ciel. Alors à l’apogée de son art et de sa carrière, Albert Marquet décide durant l’été 1935 de quitter la frénésie de la capitale pour rejoindre la mer. Une trentaine de paysages sont nés de cette rencontre magique. De son enfance bordelaise à sa vie parisienne, l’eau –qu’il s’agisse la Seine ou de l’océan – fut l’un de ses thèmes-signatures, s’adaptant parfaitement à sa manière tout en nuance et poésie. Marquet passa ainsi deux mois paisibles et studieux dans la villa Robinson, au Pyla-sur-Mer, peignant l’endroit à différentes heures du jour. Son épouse Marcelle raconte ainsi cette parenthèse enchantée : « Nous louâmes une maison dans les pins, qu’un petit escalier de bois reliait à la plage. Des bateaux à voile circulaient là du matin au soir sur une eau le plus souvent calme. À marée basse, une plus grande étendue de sable blond nous en séparait, mais si lumineux qu’il semblait fait pour mettre en valeur les jeux auxquels, pour notre enchantement, elle s’abandonnait. Des baigneurs, souvent des enfants, servaient sans s’en douter de modèles à Marquet, aussi des pêcheurs ». Le peintre a délaissé l’anecdote et l’humain pour ne conserver dans cette composition parfaitement agencée et rythmée, à l’image des estampes d’Hokusai, que l’essence de la nature, de la vie.
Agenda
Cette 5e session consacrée aux peintures bordelaises accueillera un invité de luxe en la personne d'Albert Marquet, présent avec une vue du Bassin d'Arcachon, jardin au Pyla, peinte en 1935 et qui pourrait atteindre les 50 000/70 000 € ( oir Gazette n° 2, page 85). On restera au XXe siècle en compagnie de Jean-Paul Alaux, qui nous proposera un rare ensemble de onze estampes sur papier Japon intitulées Visions japonaises, et représentant autrement le bassin d'Arcachon (18 000/22 000 €), ou encore de Pierre-Georges Théron, dont la toile de 1946, Le Sacrifice de Mithra, est annoncée à 6 000/8 000 €. Cette vente proposera également des œuvres anciennes dont un Portrait de Denis Mac Carthy de Jean-Baptiste Perronneau, de taille ovale (même estimation), et d'autres d'artistes basques comme Ramiro Arrue avec une Vue d'Ascain peinte à l'huile sur panneau d'Isorel, à envisager à 3 000/5 000 €. 
samedi 23 janvier 2021 - 02:00 - Live
Bordeaux - 12-14, rue Peyronnet - 33800
Briscadieu
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