Émile Othon Friesz, la mer, motif inépuisable

Le 08 avril 2021, par Caroline Legrand

Sur un mètre de largeur, Émile Othon Friesz décrit la mer, et uniquement elle. Incroyable sujet d’étude pour le peintre coloriste, elle le fascine depuis sa jeunesse.

Émile Othon Friesz (1879-1949), La Vague, vers 1930, huile sur toile signée et annotée au crayon « Pornichet la vague », 73 100 cm.
Estimation : 10 000/15 000 

L’Atlantique était une inépuisable source d’inspiration pour Émile Othon Friesz. Né au Havre dans une famille de marins, ce fils de capitaine rêvait tout jeune de s’engager et de partir dans d’incroyables expéditions sur l’océan. La mer sera de fait son tout premier sujet pictural. Face à elle, sur les quais, il pose son chevalet pour surprendre cette surface en perpétuel mouvement, aux couleurs sans cesse changeantes. Au cours de sa vie, il voyage sur la Côte d’Azur, en Bretagne, à Honfleur, à La Rochelle, Dieppe, Fécamp, Étretat, Rouen ou, comme en témoigne cette toile, à Pornichet, non loin de La Baule, vers 1930. Une décennie marquant un véritable retour à ses thèmes du début, qu’il aborde dans un style plus apaisé, plus réfléchi, maîtrisé enfin : « Les théories étant assimilées, je rejoins les émotions de mes 15 ans », disait-il alors. Se concentrant sur l’essentiel, sur les vagues et les remous, Friesz adoucit l’intensité de sa palette fauve et utilise de plus en plus volontiers le blanc, dont la matière épaisse donne vie à l’eau dans un style, au lyrisme évident, qui magnifie la nature. Les paysages maritimes ont toujours inspiré les peintres, et en particulier les fauves. Les couleurs et la lumière si particulières de la mer, que ce soit dans le sud de la France ou sur la côte Atlantique, leurs permettaient finalement d’appliquer avec le plus grand profit leur nouvelle technique picturale.

Agenda
Bienvenue pour cette nouvelle édition célébrant les peintres de la mer et de l'Atlantique ! Commençons par le fauve Émile Othon Friesz, qui proposera un panorama d'une grande pureté sur l'unique thème de La Vague, à disputer à 10 000/15 000 €. Il faudra ensuite batailler à 5 000/6 000 € pour une toile d'Émile Alfred Dezaunay, Fécamp, voiliers à quai, œuvre de 1903, et à 1 800/2 000 € pour une aquarelle de Paul Émile Lecomte, Ile d'Yeu, Port-Joinville. Les compositions à la délicate surface colorée d'Ernest Pierre Guérin sont toujours très convoitées. Cela devrait se vérifier avec une aquarelle du peintre rennais, Village sardinier, Bretagne, attendue à 1 500/2 000 €.  
mardi 13 avril 2021 - 02:00 - Live
Nantes - 8-10, rue Miséricorde - 44000
Ivoire - Couton - Veyrac - Jamault
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