Jacques Stella, maître de l’ardoise

Le 04 février 2021, par Caroline Legrand

L’élégance et la délicatesse de l’art du peintre classique Jacques Stella réunies dans une ardoise peinte d’une trentaine de centimètres de hauteur : un tour de force !

Jacques Stella (1596-1657), La Sainte Famille et saint Jean-Baptiste, ardoise, 31,4 x 23,7 cm.
Estimation : 40 000/60 000 €

Les œuvres sur ardoise sont peu nombreuses à être parvenues jusqu’à nous, en raison de leur extrême fragilité. Celle-ci pourrait dater du début de la carrière de l'artiste, lors de son séjour à Rome entre 1622 et 1634. C’est durant les quatre années précédentes, passées à Florence, qu’il a découvert la peinture sur pierre, qui ne représente qu’une partie de sa production mais où se déploie toute son originalité. Ce médium relève d’une tradition typiquement italienne, qui remonte à l’art antique et est ensuite remise au goût du jour par les artistes de la Renaissance, notamment Sebastiano del Piombo. Si l’on peut peindre sur marbre, lapis-lazuli ou onyx, c’est l’ardoise, alors extraite à Lavagna, dans la région de Gênes, qui avait la préférence de Jacques Stella. Elle contribue à accentuer la lumière et les couleurs vives, mais elle met aussi particulièrement en valeur sa manière délicate et précieuse, propre au mouvement de l’atticisme. Après avoir travaillé pour Côme de Médicis en Toscane, Stella rejoint donc Rome en 1622. Ses premières peintures sur ardoise sont alors mentionnées, consacrées essentiellement aux thèmes religieux, qu’il peint pour des collectionneurs de passage en Italie désireux de rapporter une de ces petites œuvres de dévotion privée. Il restera à Rome jusqu’en 1634, travaillant pour le pape Urbain VIII et sa famille, les Barberini, et fréquentant ses compatriotes Simon Vouet et Nicolas Poussin. De retour en France, il réserve ses peintures sur pierre à une clientèle fidèle de connaisseurs. En faisait notamment partie Richelieu. Cette sainte Famille est d’ailleurs passée par d’importantes collections  : présente lors de la dispersion des cabinets du peintre et négociant Louis Bernard Coclers, en février 1789, elle était vendue au marchand Jean-Baptiste Le Brun, puis au journaliste Jean Le Vacher, mort lors de la Grande Terreur. Au siècle suivant, elle passa par la collection du docteur Jean-Jacques-Joseph Leroy d’Étiolles (1798-1860), avant d’être acquise par Henri de Guiringaud (1880-1968) dans les années 1920. Elle est depuis restée par descendance dans cette importante famille du Sud-Ouest de la France. Une provenance pour le moins parfaitement établie !

Agenda
Le peintre lyonnais du XVIIe siècle, Jacques Stella, tiendra la tête de cette vacation avec une rare peinture sur ardoise représentant La Sainte Famille et saint Jean-Baptiste, qui pourrait avoir été réalisée lors de son séjour romain entre 1622 et 1634. Pas moins de 40 000/60 000 € seront à envisager pour son acquisition. Le reste de ce programme proposera des objets d'art, dont une paire d'urnes en bronze de Barbedienne au décor antiquisant d'un homme faisant l'offrande d'un animal devant un autel, et d'un autre jouant de la flûte, ou encore de pieds à décor d'un homme barbu coiffé d'une tête de lion et se terminant en pattes de lion (3 500/4 500 €). Signalons encore une grande sculpture d'Émile-François Poetou, Nu debout, estimée 4 000/6 000 €, tandis qu'un nécessaire de voyage par Biennais est attendu à 1 300/1 800 €. 
vendredi 12 février 2021 - 02:00 - Live
Toulouse - 14, rue du Rempart-Saint-Étienne - 31000
Ivoire - Primardeco
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne