Line Vautrin, derrière le miroir

Le 17 juin 2020, par Caroline Legrand

À l’instar d’une Charlotte Perriand pour le design, Line Vautrin a marqué le monde de la décoration et de la joaillerie de son empreinte, par son indépendance et son inventivité.

Line Vautrin (1913-1997), miroir Boudoir, vers 1967, structure circulaire en Talosel écaille beige, miroir rouge, incrustations de miroir, rond du miroir plat. Signature incisée «Line Vautrin», et cachet «Roi», diam. 55 cm.
Estimation : 15 000/20 000 

Si l’on utilisait les miroirs sorcière au Moyen Âge pour leurs pouvoirs protecteurs, au XXe siècle, c’est leur capacité à capter la lumière et à agrandir l’espace d’une pièce qui devait attirer les plus grands décorateurs, et en particulier Line Vautrin. Elle a su remettre au goût du jour ces objets de décoration en leur donnant ce brin de frivolité et de poésie qui plaît à chacun. Une mode durable, puisque aujourd’hui encore, les petits miroirs aux encadrements des plus originaux égaient de très nombreux intérieurs. C’est au boudoir qu’était destiné cet exemplaire en Talosel écaille beige, animé de deux rangées dynamiques de miroir rouge formant des éléments rayonnants, incrustés de miroir, ceux de la rangée supérieure étant à base torsadée. Jouant de la luminosité de la glace et du décor ajouré de son pourtour, l’objet est du plus bel effet. Il témoigne également de la grande invention technique de Line Vautrin, le Talosel, acronyme créé à l’occasion du dépôt de son brevet, en 1950, pour un matériau mis au point à partir de l’acétate de cellulose élaboré. Cette résine extraite de la cellulose de bois est découpée en plaques, ensuite assemblées par collage à l’acétone. Après les avoir modelées au fer rouge, on pouvait y incruster les miroirs colorés. Une réussite à la fois technique et esthétique.

Agenda
Programme de qualité en vue, et ce dans de nombreuses sections différentes ! On attirera ainsi votre attention sur une toile d'Edy-Legrand, un artiste passionnant tant peintre orientaliste qu'illustrateur de la Bible, Adam et Ève (6 000/8 000 €), mais aussi sur un grand miroir Boudoir de la décoratrice du XXe Line Vautrin, en talosel écaille beige, à envisager à 15 000/20 000 €. Plusieurs montres de marque s'imposeront également telles une Patek Philippe en or blanc à cadran argenté (10 000/12 000 €) et une Rolex Oyster Perpetual Day-Date en or jaune, datée vers 1990 (7 000/10 000 €). Signalons enfin pour le mobilier une imposante commode Louis XV de forme tombeau, estampillée par Léonard Boudin, en marqueterie de bois de rose et d'amarante et à riche ornementation de bronze (6 000/8 000 €). 
dimanche 21 juin 2020 - 14:30 - Live
Hôtel des Ventes de Bordeaux Tourny - 38, rue Lafaurie-de-Monbadon - 33000
Emmanuel Layan & Associés
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