Ramiro Arrue, le cœur de Saint-Jean-de-Luz

Le 22 juillet 2020, par Caroline Legrand

Cette œuvre de Ramiro Artue est monumentale par sa taille mais aussi par son histoire, puisqu’il s’agit d’une commande spéciale faite pour l’un des trinquets les plus célèbres de Saint-Jean-de-Luz.

Ramiro Arrue (1892-1971), Fête au Pays basque avec danseur au gilet rouge, huile sur toile signée, 90 301 cm.
Estimation : 100 000/150 000 

Ramiro Arrue peut s’enorgueillir d’animer cet été de ventes (voir l'article Beau fixe sur les arts basques de la Gazette n° 27, page 12). Il revient dans sa ville de cœur, Saint-Jean-de-Luz, avec une œuvre magistrale décrivant sur trois mètres de longueur son Pays basque rêvé et idéalisé : des hommes attablés discutent chaleureusement sur la gauche, deux jeunes femmes et un homme se rapprochent, puis l’on voit le très emblématique danseur à l’épée au gilet rouge, son musicien, le solide bouvier venant clore la composition. Nous sommes en 1934 quand cette commande est passée à l’artiste, alors au sommet de sa gloire. L’architecte Maurice Darroquy a choisi un lieu idéalement situé au cœur de la ville pour construire son établissement, que la Gazette de Bayonne décrira ainsi : « Le trinquet Andia de Saint-Jean-de-Luz est certainement le plus beau et le plus vaste de tous les établissements de Pelote ». Tout le monde fréquentera ce lieu – pour des matchs de pelote, fêtes ou réunions politiques – d’une grande modernité, où trône dans le bar-restaurant le tableau d’Arrue. Celui-ci ne bougera pas du mur, même lors des changements de propriétaires en 1935, en 1938, quand le trinquet devient Maïtena, ni en 1944 quand la famille de son actuel possesseur l’acquiert. Cette dernière l’emportera avec elle en 1985, quand elle se retirera du commerce. Jusqu’à la fin de sa vie, Ramiro Arrue venait dans ce trinquet, manger seul devant sa toile, témoin des riches heures de sa carrière.

Agenda
Ramiro Arrue sera le chef de file d'une sélection d'artistes basque le 8 août. Il proposera moyennant 100 000/150 000 € une grande toile de plus de trois mètres de longueur, Fête au Pays basque avec danseur au gilet rouge, provenant de l'un des plus célèbres trinquets de Saint-Jean-de-Luz – Andia, devenu Maïtena. Du même figureront une Ferme basque près de Sare (4 000/5 000 €) et un dessin à l'encre, lavis et gouache, Femme à la mantille (3 000/4 000 €). Cette scène régionale sera encore illustrée par une toile de Louis Floutier, Attelage de bœufs devant la maison Behecoetchea à Helbarron (8 000/10 000 €), mais aussi par un vase cratère à deux anses en grès émaillé de Ciboure de la période Vilotte vers 1925, à décor rouge et noir de bouvier et femme au panier, et berger avec moutons dans un paysage de montagne (2 000/3 000 €). Les bijoux s'imposeront le lendemain grâce à une bague en platine ornée d'un diamant taille ancienne coussin de 4,81 ct (couleur J et pureté VS1), épaulé de diamants baguette (20 000/22 000 €), et une montre-bracelet d'homme Rolex de 1955. Celle-ci possède une histoire puisqu'elle a appartenu à Jean Pfister, un plongeur du Groupe d'études des recherches scientifiques du Maroc, affilié à la Fédération française de plongée. Il fut l'un des plus jeunes du Groupe et eut l'occasion de plonger avec l'équipage de la Calypso du commandant Cousteau. Cette montre l'a accompagnée durant toutes ses aventures et fut transmise à son fils pour son mariage (20 000/30 000 €).
samedi 08 août 2020 - 14:00 - Live
Saint-Jean-de-Luz - 8, rue Dominique-Larréa, Z.A. Layatz - 64500
Côte Basque Enchères Lelièvre - Cabarrouy
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