Édition unique des Fleurs du mal

Le 04 décembre 2019, par Caroline Legrand

Avec des beautés sulfureuses et inquiétantes, Marcel Roux donne vie au mythique ouvrage de Charles Baudelaire, dans une édition unique commandée par un passionné du poète et du peintre.

Charles Baudelaire (1821-1867), Les Fleurs du mal, illustré de 150 dessins originaux de Marcel Roux (1878-1922), calligraphie par Henry Varade, S. l., 1921, deux volumes in-4°, maroquin bordeaux.
Estimation : 40 000/60 000 

Quand les Fleurs du mal paraissent, en 1857, c’est un véritable événement, un scandale pour certains et un moment béni de la littérature moderne pour d’autres, comme Victor Hugo ou Barbey d’Aurevilly. Les rapprochements entre le beau et le mal, le lyrisme subjectif, les vers plus libres, les métaphores osées, l’obsession de la mort… autant d’audaces qui ont provoqué les foudres des institutions. Il ne faudra que deux mois au tribunal pour condamner Baudelaire pour «offense à la morale religieuse» et «outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs». Outre une forte amende, il se voit contraint de supprimer six poèmes des prochaines publications de son recueil. Mais le poète, refusant d’abandonner, réussira à faire publier en 1866, à Bruxelles, une version complète de son œuvre, illustrée alors par Félicien Rops. Le peintre symboliste belge prête aux poèmes sa vision mystique de la vie, son regard désabusé sur la société et son goût pour les représentations à la fois sensuelles et inquiétantes de la femme… Des éléments que l’on retrouve chez Marcel Roux, choisi à son tour pour la réalisation en 1921 de cette publication unique, et complète des 137 textes du recueil, réalisée à la demande exclusive d’un passionné de Baudelaire et du peintre. Ces deux volumes sont en outre dotés d’une reliure d’Henri Noulhac (1866-1931) et présentent une étonnante calligraphie d’Henry Varade. Chaque feuillet, en effet, s’orne d’une lettrine décorée à l’aquarelle placée en tête de chaque poème, lui-même calligraphié à l’encre. Marcel Roux est l’auteur quant à lui de 150 aquarelles sur trait de mine de plomb en plein feuillet, toutes signées et titrées à la mine de plomb. À l’époque, le graveur est malade. Il a abandonné sa technique de prédilection, du fait de ses produits toxiques, au profit du dessin et de l’aquarelle. Il démontre dans cet ouvrage tout son talent et sa virtuosité avec la création de ces figures féminines tour à tour belles, inspirées, dangereuses, torturées et misérables, sorties de l’univers baudelairien.

 

 
Agenda
À 40 000/60 000 € rivaliseront au sommet les deux volumes d'une édition unique de 1921 des Fleurs du mal de Charles Baudelaire, illustrée d'aquarelles de Marcel Roux et au texte calligraphié par Henry Varade (voir Gazette n° 42, page 165), ou encore une toile de 1916 de Pierre-Auguste Renoir, Femme en buste. La riche section picturale comprendra également une toile de 1905-1906 du postimpressionniste Henri Lebasque, Pont sur la Marne en hiver (30 000/50 000 €), un Portrait de femme de profil dessiné en 1958 à l'encre et rehauts d'aquarelle par Léonard Foujita (15 000/20 000 €) ou encore une toile XVIIe d'Elias van den Broeck, Vase de fleurs sur un entablement (10 000/15 000 €). Une pendule en rotonde Louis XVI, en marbre blanc et bronze doré (6 000/8 000 €), et un grand bureau plat de milieu du XVIIIe siècle, en placage de bois de rose contrarié (6 000/7 000 €), parferont le tout. Le mardi scintilleront un diamant coussin pesant 2,85 ct de couleur naturelle Fancy Brown Orange, monté sur un anneau (27 000/30 000 €), et une bague en platine centrée d'un diamant coussin de 3,20 ct, de couleur supposée J/K et pureté VS, épaulé de deux émeraudes rectrangle à pans coupés (25 000/30 000 €).
dimanche 15 décembre 2019 - 14:30 - Live
Lyon - 8, rue de Castries - 69002
Conan Hôtel d’Ainay - Cécile Conan Fillatre Commissaire-Priseur Judiciaire
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