La gloire romaine sans frontière

Le 25 juin 2020, par Agathe Albi-Gervy

Attribuée à un atelier provincial de l’Empire romain, probablement d’Hispanie ou de Gaule, cette statue grandeur nature du IIIe siècle demeure bien mystérieuse : s’agit-il d’un empereur ? d’un général ?

Statue d’un empereur ou d’un général en armure, provinces romaines, probablement Hispanie ou Gaule, IIIe siècle, marbre gris, h. 180 cm.
Estimation : 120 000/160 000 

Cette imposante statue romaine, grandeur nature, a été taillée dans un seul bloc de marbre gris. Son style évoque un atelier des provinces romaines occidentales, peut-être d’Hispanie ou de Gaule. Adoptant une pose statique animée d’un léger contrapposto, le guerrier en armure tient son bouclier sous son bras gauche tandis que son épée courte est rangée dans sa ceinture. Le col et le bas de sa chemise dépassent de sa cuirasse, soigneusement traduite dans la pierre. Si le hiératisme de l’ensemble, le schématisme de la reproduction des détails de l’armure et les traits du visage trahissent une conception presque naïve du corps, le naturalisme des jambes détonne. Le contraste est d’autant plus frappant en regardant la statue de profil : on comprend alors que, du sommet de sa tête au bas de sa tunique, le corps du soldat n’est travaillé que sur les trois-quarts de sa profondeur, l’arrière étant destiné à prendre place dans une niche ou contre un mur, tandis que les jambes sont libres. Les deux rangées de ptéryges formant une jupe à franges sur la cuirasse constituent un indice aidant à la datation de l’œuvre, ce type de lanières de cuir ou de métal étant seulement utilisé à partir du IIe siècle, comme le rappellent les statues de Trajan et Hadrien conservées au musée d’Antalya en Turquie. L’œuvre daterait donc du IIe ou du IIIe siècle. Quant à l’identité de l’homme ici glorifié, il peut s’agir d’un empereur, d’un centurion, d’un général ou encore d’une représentation du dieu de la guerre, Mars. Chacune de ces hypothèses peut être appuyée par un exemple en archéologie, même si le fait que l’homme ne tienne pas l’épée dans sa main et ne porte pas de creton – protège-tibia – contredit celle qui penche pour Mars. À l’époque, il arrive que des artisans provinciaux exécutent des portraits impériaux, mais il arrive encore plus souvent que des fonctionnaires ou officiers de la région soient honorés d’effigies statuaires. Dans de nombreux cas, les visages prennent les traits idéalisés de l’empereur régnant alors.

Agenda
Dans cette vente fleuve, les maîtres anciens ont la part belle, comme le prouvent les noms de Jacopo di Arcangelo, dont une Vierge à l'Enfant botticellienne est estimée entre 180 000 et 250 000 €, Lacroix de Marseille, avec ici une paire de vues de ports méditerannéens à 175 000/250 000 €, Antonio Joli de Dipi, représenté par un paysage évalué entre 120 000 et 200 000 €, ou encore Lucas Van Valckenborch, avec une scène de festival à la cour, estimée entre 70 000 et 90 000 €. Au chapitre consacré à la peinture impressionniste et moderne, les grands noms se succèdent : Camille Pissarro (400 000/500 000 €), Pierre Auguste Renoir (350 000/450 000 €), Wassily Kandinsky (280 000/400 000 €) ou encore Edgard Degas (280 000/350 000 €), pour ne citer qu'eux. Signalons également la statue romaine d'un général ou d'un empereur, du IIIe siècle (120 000/160 000 €), un cabinet William II plaqué de laque rouge (70 000/90 000 €), et une Vierge à l'Enfant sculptée en bas relief par Gregorio di Lorenzo (90 000/120 000 €).
jeudi 02 juillet 2020 - 10:00
Munich - 44, Schellingstrasse - D-80799
Hampel
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