Présent napoléonien genevois endiamanté

Le 06 octobre 2021, par Claire Papon

Cette luxueuse tabatière est présentée dans son écrin en maroquin rouge doré aux fers des armes de l’Empereur.

Moulinié Bautte & Cie. Boîte de présent en or jaune guilloché, le couvercle orné du monogramme de Napoléon Ier serti de diamants ronds de taille ancienne sur fond amati, 1809-1815. 8,8 5,2 cm.
Estimation : 10 000/15 000 Adjugé : 101 600 €

Si Napoléon lui-même se contentait de tabatières fort simples, il reprit l’usage – datant de l’Ancien Régime – d’offrir de précieux modèles en or, en gage de présent diplomatique ou de récompense. Et bien sûr, plus le récipiendaire était puissant, ou le service rendu plus important, plus la boîte était fastueuse, ornée d’un portrait de l’Empereur en miniature ou sertie de diamants, au chiffre de ce dernier. Pour ce faire, il commande des tabatières aux grands orfèvres de l’époque, parmi lesquels Nicolas Margerit, Étienne Nitot, Adrien Jean Maximilien Vachette, Étienne Lucien Blerzy, assurant ainsi la diffusion du savoir-faire français dans toute l’Europe. Ce type de boîte au chiffre orné de diamants – avec ou sans couronne – fut donné sous le Consulat, où le chiffre est alors «RF», et sous l’Empire. Plusieurs commandes sont renseignées par le nombre de «brillants». La nôtre en comprend 52. Des modèles de cette facture valaient, en 1810, près de 17 000 F. Un modèle proche du nôtre, signé Blerzy, appartient au Victoria & Albert Museum de Londres. Celle présentée dans quelques jours est l’œuvre de Moulinié Bautte & Cie, maison suisse spécialisée dans les montres et les objets de vertu, créée en 1793 par Jean-François Bautte. Cinq ans plus tard, quand Napoléon annexe le canton de Genève, la cité adopte le système des poinçons français. Ceux-ci sont visibles sur notre tabatière : le poinçon losangique de l’orfèvre sur le couvercle et le fond, ceux de titre (750 millièmes) et de garantie (main de justice et nombre «46» propre à Genève) sur la gorge.

Panorama (avant-vente)

Et vogue le navire

Le 06 octobre 2021, par Claire Papon

Œuvre de l’atelier de Johann Friedrich Eberlein et Johann Gotlieb Ehder à Meissen, vers 1740, cet encrier est réalisé à partir d’une boîte à épices en forme de nef, la proue du bateau simulant une tête de lion, la coque du navire peinte d’insectes, la base en bronze s’ouvrant sur un petit tiroir latéral destiné aux plumes ou au bâtons de cire (39 19 15 cm). Cet objet de charme a figuré, comme deux autres exemplaires comparables, dans la collection Pierrette Cordier, vendue le 16 décembre 2004 chez Sotheby’s à Paris. Il est espéré à 15 000/20 000 € (adjugé : 52 705 €) mercredi 13, salle 5 à Drouot, sous le marteau de De Baecque & Associés (MM. Bacot, de Lencquesaing).

Agenda
La séance du matin s'adresse aux amateurs de glyptique (une trentaine de sceaux cylindres, cachets et pierres gravées, 200 à 2 000 €), d'archéologie, d'arts de l'Inde et de l'Islam. Comptez ainsi 4 000/6 000 € pour une stèle en schiste du Gandhara (IIIe-VIe siècle) représentant le Bouddha auréolé en position padmasana, 2 000/3 000 € pour deux miniatures turcomanes (probablement extraites d'un iskandarnameh) d'Asie centrale ou d'Iran, début XVIe. Plus que les bijoux, les objets de vitrine, et tout particulièrement les boîtes pourraient susciter la convoitise. La plus disputée (60 000/100 000 €) en or jaune, nacre et burgau a figuré en couverture de La Gazette n° 32 (voir page 8), mais elle est accompagnée d'un modèle en or jaune guilloché (1781), ornée du portrait d'une jeune fille vêtue d'une robe de mousseline blanche signé Augustin (1797, 6 000/12 000 €), et d'une tabatière de présent d'époque Empire, en or jaune serti de diamants au chiffre de Napoléon (10 000/15 000 €). Des Pêcheurs remontant leurs filets en bord de mer (lavis gris) de Joseph Vernet (5 000/6 000 €) voisinent avec une Vierge en prière de Giovanni il Sassoferrato (30 000/40 000 €). Comme la glyptique, les arts du Japon font leur entrée parmi les spécialités de la maison de ventes. Au menu, des netsuke, inrô, masques de théâtre Nô, armures, estampes, bronzes et objets en laque dont un kobako début XVIIIe incrusté de nacre et décoré d'un sage sur un buffle (8 000/12 000 €). La fin d'après-midi est ponctuée d'un étendard en soie moiré brodée, attribué à la 2e compagnie des Gardes du corps du roi ou à un régiment de cavalerie vers 1760 (4 000/6 000 €), un grand cabinet napolitain fin XVIIe à panneau de verre peint, palissandre et bois noirci (10 000/12 000 €), un encrier en porcelaine de Meissen monté en bronze en forme de nef (15 000/20 000 €).
mercredi 13 octobre 2021 - 11:00 - Live
Salle 5 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
De Baecque et Associés
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