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Le charme facétieux de l’art gallo-romain

Le 17 novembre 2021, par Caroline Legrand

Datée de la fin du IIe siècle ou du IIIe siècle de notre ère, cette tête de faune gallo-romaine proviendrait de la région de l’Aveyron.

Le charme facétieux de l’art gallo-romain
Art gallo-romain, probablement fin du IIe-IIIe siècle apr. J.-C., sud du Massif central. Tête en marbre blanc d’un faune moustachu, h. 29 cm.
Estimation : 30 000/40 000 


Ce marbre blanc présente le visage d’un faune moustachu. Les créatures mythologiques romaines – alter ego des satyres grecs – connurent une grande popularité dans toute la Gaule. Mi-homme mi-bouc, descendant du roi du Latium Faunus et de Saturne, le faune est également le compagnon de Bacchus, avec lequel il partage le goût du vin et de la fête ; poursuivant assidûment les nymphes de ses ardeurs, il aime également jouer de la flûte. Se situant entre monde civilisé et sauvage, ces êtres sont emblématiques du paganisme joyeux de l’époque gallo-romaine. La bouche entrouverte laissant apparaître sa langue, notre modèle présente de plus des oreilles pointues, des iris incisés et des pupilles creusées. Sa chevelure est particulièrement travaillée – au trépan, comme c’était la coutume à cette époque en sculpture. D’une belle expressivité, cette tête fut présentée à l’exposition «Des beaux-arts et arts rétrospectifs» organisée par la municipalité de Rodez en juin et juillet de l’année 1892. Elle portait alors le numéro 311 du catalogue. Elle fut à cette occasion prêtée par son propriétaire d’alors, M. d’Ardenne de Tizac. Ce dernier la conserva par la suite dans son château familial de Réquista, à La Bastide-l’Évêque. Elle fut finalement «redécouverte» au début des années 1960 par le spécialiste Gilbert Bou, qui lui consacra des articles, dont ses «Notes d’archéologie gallo-romaine sur la région de La Bastide-l’Évêque» dans les procès-verbaux des séances de la Société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron, à Rodez en 1963-1966. Si certains voulaient alors voir en ce faune la tête d’un Bacchus en marbre trouvée en 1827 à La Madeleine, près de Villefranche-de-Rouergue (à huit kilomètres à vol d’oiseau du château de Réquista), dont la trace était perdue, selon la tradition familiale de ses propriétaires il aurait été plutôt mis au jour au lieu-dit Le Serre, à La Bastide-L’Évêque, lors d’un labour. Cet endroit était particulièrement riche en œuvres d’art, sans doute grâce à la présence de l’intendant Zmaragdus, envoyé par l’empereur Tibère afin d’y exploiter une mine de plomb et d’argent.

Agenda
On remarquera tout particulièrement lors de cette session toulousaine une tête de Faune issue d'un travail gallo-romain de la fin du IIe ou du IIIe siècle. On envsagera pas moins de 30 000/40 000 € pour cette œuvre qui fut découverte au XIXe siècle dans l'Aveyron. Auguste Rodin complétera ce programme avec un important bronze à envisager à 15 000/20 000 € : Balzac, dernière étude pour la tête fondu par Georges Rudier en 1958 pour le musée Rodin. Une oeuvre d'une belle expressivité.
vendredi 26 novembre 2021 - 14:30 - Live
14, rue du Rempart-Saint-Étienne - 31000 Toulouse
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