Autour de la villa Théo au Lavandou

Le 30 mai 2019, par Claire Papon et Anne Foster

Théo Van Rysselberghe découvre le Midi dans le sillage de Signac. Son frère, Octave, lui construit en 1909 une maison dans le quartier de Saint-Clair, près du Lavandou, où lui-même habite depuis quatre ans.

Théo Van Rysselberghe (1862-1926), Champ d’anthémis, Saint-Clair (Var), 1913, huile sur toile, 72 91 cm.
Estimation : 100 000/150 000 

Niché entre le massif de Maures, aux pentes aménagées en terrasses, et la Méditerranée, Saint-Clair est un lieu idyllique, un rêve de peintre. Où que se portent les regards, les couleurs éclatent, du bleu de la mer aux gammes de vert, de rose, blanc, violet et jaune des fleurs cultivées sur les versants du massif. Cross et Signac entraînent Van Rysselberghe à découvrir la région. Octave Van Rysselberghe, architecte également botaniste passionné, s’installe le premier en 1905, choisissant un terrain près de Cross, où il dessine et érige sa villa. Théo décide quatre ans après de le rejoindre et d’habiter près de ses amis ; résidant à Saint-Tropez, Signac est son voisin. Il habite d’abord la maison de jardinier que son frère lui cède et agrandira, en la transformant en maison-atelier. Pour cet homme né à Gand, en Belgique, la lumière méditerranéenne est un enchantement ; le peintre en avait eu la révélation lors de voyages en Espagne et au Maroc, au début des années 1880. Proche de l’école symboliste belge, il s’oriente après sa découverte des œuvres de Georges Seurat, en 1886-1887, vers une peinture pointilliste. Ses fréquents séjours dans le Midi voient sa touche évoluer, devenir plus légère, plus large et cependant chargée de matière. «Autrefois j’étais plus préoccupé de lignes que de formes, de couleurs que de volumes, déclare-t-il. Depuis une quinzaine d’années […] j’ai insensiblement abandonné la division du ton et cherché à donner plus de consistance, plus de force, plus de volume à mes toiles sans négliger le moins du monde la recherche de la couleur, du jeu de la lumière sur les objets représentés.» Van Rysselberghe aime se promener sur les hauteurs de Saint-Clair, plantant son chevalet près des champs de fleurs, en particulier d’anthémis, avec leurs moutonnements blancs En 1904, il s’était placé à un bout, face au mas, au pied du massif. Pour cette toile, il s’oriente vers la mer, aperçue au bas des collines, avec à l’horizon les îles d’Hyères et du Levant. Cette peinture éblouit par sa palette, du blanc nacré des plantes au jaune et rose des bandes nuageuses se détachant sur le mauve de l’horizon.

Agenda

Les Hollandais du Siècle d'or ont inventé le paysage moderne, et Salomon Van Ruysdael (vers 1600-1670) fut l'un d'entre eux. Une huile sur panneau figurant des Personnages dans une barque sur une rivière (41 x 57,2 cm) porte peut-être son monogramme, et est estimée 30 000/40 000 €. Un vestiaire à structure en lames de métal entièrement gainées de cuir havane de Jacques Adnet  (1900-1984), à corps quadrangulaire accueillant un porte-cintre en partie haute, quatre décrochés symétriques en partie haute latérale, un porte-revues amovible en partie basse et une tablette amovible en palissandre (7 000/10 000 €), est également au programme avec tout un mobilier créé par Paul Follot pour Pomone (Atelier d’Art du Bon Marché), dont
deux buffets au modèle en poirier noirci, à corps demi-lune
(4 000/4 500 €).

mercredi 05 juin 2019 - 14:30 - Live
Salle 6 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Ferri & Associés
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