Le petit théâtre de Tröger

Le 17 février 2021, par Caroline Legrand

En Allemagne au XVIIIe siècle, Simon Tröger remit au goût du jour l’art millénaire de la sculpture sur ivoire, tout en lui donnant un petit supplément baroque. 

Simon Tröger (1693-1768), Couple de gueux en ivoire et bois naturel sculptés, yeux incrustés en verre, h. 34,7 cm et 33 cm. 
Estimation : 10 000/15 000 

Des dieux aux mendiants, en passant par des acteurs ou de simples couples, personne n’a échappé au ciseau de Simon Tröger. Il faut imaginer qu’en 1733, la Kunstkammer de Dresde (collections nationales fondées dès la fin du XVIe siècle) conservait pas moins de trois cent cinquante statuettes de Tröger. Le sculpteur autrichien, né dans l’est du Tyrol, entre comme apprenti en 1717 dans l’atelier de Schmiedecker, à Merano, puis dans celui de Nikolaus Moll à Innsbruck. Il s’installe finalement vers 1726 dans la région de Munich, auprès d’Andreas Faistenberger avant de fonder son propre atelier à Au-Haidhausen. S’inspirant de son dernier maître, il se spécialise dans la sculpture sur ivoire, qu’il associe bien souvent à des bois sombres, mais aussi à des incrustations de verre ou de métal, créant des statuettes bicolores éminemment décoratives, bientôt nommées les « Tröger figuren ». Très réalistes, ces dernières sont également influencées par l’art baroque autrichien, avec une petite tendance au maniérisme. Ses personnages sont expressifs et théâtraux, à l’image de notre couple de gueux, qui appartiennent à une importante série réalisée par l’artiste sur ce thème. Tant religieuses que profanes, ses œuvres trouvèrent rapidement leur clientèle, tels les électeurs de Saxe et de Brandebourg, mais aussi Maximilien III Joseph, prince électeur de Bavière, ou la cour de Sardaigne.

Agenda
Les arts anciens seront particulièrement mis en valeur lors de cette vente avec des meubles et des objets d'art du plus grand intérêt. Un Couple de gueux sculpté par Simon Tröger au XVIIe siècle, en ivoire et bois naturel, pourrait atteindre les 10 000/15 000 € (voir Gazette n° 7, page 83), de même qu'une importante coiffeuse d'époque Louis XVI réalisée par l'ébéniste du roi Jean-Henri Riesener, en placage d'acajou et à l'ingénieux mécanisme pour orienter le miroir (voir Gazette n° 7, page 17). Parmi les nombreux autres meubles en présence, nous mettrons en avant une petite commode Transition en placage d'acacia, de hêtre moiré et loupes de sycomore moirées et nuageuses teintées en brun et en blond, dans des filets en bois clair teinté et en bois noirci dessinant des réserves géométriques, par l'ébéniste grenoblois Jean-François Hache (8 000/12 000 €). 
samedi 27 février 2021 - 02:30 - Live
Lyon - Hôtel des ventes, 70, rue Vendôme - 69006
De Baecque et Associés
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne