Ode à la Grèce antique à Sèvres

Le 13 octobre 2021, par Claire Papon

Décor étonnant, forme rare, ce vase en porcelaine tendre de Sèvres est un bel exemple du retour au néoclassicisme dans les années 1770.

Vase grec à colonnes, ou vase à colonnes cannelées, en porcelaine de Sèvres à décor sur fond blanc et bleu céleste de trophées militaires, vers 1770, marques en creux «cd» et probablement «R.» h. 50 cm.
Estimation : 30 000/50 000 

Si son état de conservation ne plaide pas en sa faveur, cette pièce d’ornement, qui aurait pu faire partie d’une paire et possédait un couvercle aujourd’hui absent, mérite son estimation. Un dessin préparatoire, de format comparable au vase, est conservé dans les archives du musée de Sèvres. Il reprend la forme et le décor de notre modèle sans que, toutefois, rien ne permette de le relier à une quelconque commande, nombreux étant à cette époque les vases «d’ornement» appelés tour à tour «vases colonne», «en colonne ouverts», « «cannelés»… Le décor de trophées militaires sur l’épaule est classique, mais il est regravé de symboles royaux, dont les deux «L» entrelacés et les armes à fleur de lys. S’agirait-il d’une pièce destinée à Louis XV ? Impossible de l’affirmer, aucun document ne venant l’étayer. Une paire à décor de trophées, «à bandeaux et têtes de lions» et un vase de même forme à décor de treillage sont conservés à la Wallace Collection. Notre exemplaire n’est pas daté mais il porte les marques en creux «cd» et «R», peut-être celles des modeleurs Michel-Dorothée Coudray ou Charles Dupré, et Roger père. C’est en tout cas un bel exemple des productions de porcelaine tendre dans les années 1770. La pâte dure étant alors à ses balbutiements, il faudra attendre 1775-1780 pour voir sortir de telles pièces des fours de la manufacture royale.
 

Souvenirs des Montmorency

Le 13 octobre 2021, par Claire Papon

Deux vues de château, une miniature de Daniel Saint, des jeux anciens, un habit de livrée un manteau de cocher, et un collier de chien, tous ces objets ont un point commun : la famille Montmorency.

Pierre-Alexandre Royer (1769-1796), Vue du château de la Brosse, côté cour, huile sur toile d’une paire datée 1781, 86 126 cm.
Estimation (la paire) : 15 000/20 000 

Le château et son orangerie tels qu’on peut les voir aujourd’hui ne sont qu’une partie de l’ancien domaine de La Brosse, à Saint-Ouen-sur-Morin, dont l’histoire débute sous Louis XIV avec Anne Barbe de Courcelles (1684-1772) et son époux Arnold de Ville, «génie des eaux de Versailles». Restée dans la famille, la demeure passe à Anne-Léon II de Montmorency-Fosseux (1731-1799) et à son épouse Anne-Charlotte de Montmorency-Luxembourg, ceux-là même qui font édifier dans le parc de leur hôtel particulier, boulevard Montmartre, une pagode chinoise dont une maquette est proposée à la vente (voir Gazette n° 35, page 16). Une paire de toiles de Pierre-Alexandre Royer montrent ce château démoli à la Révolution mais qui connaît ses heures de gloire au milieu du XVIIIe. Les fêtes y sont brillantes et pleines d’esprit comme le relate le recueil de La Brosse, un manuscrit de 1780 relié en maroquin rouge joint aux vues du tableau. Parmi les autres témoins des fastes au château, un jeu de loto du Dauphin et un ensemble de vues d’optique ou feux pyriques sont annoncés à 2 000/3 000 €, tandis que des figures animées de l’abbé Nollet – les «ancêtres» du cinéma – sont estimées à 500/800 €. Comptez 600/800 € pour une pochette en cuir rouge et noir brodée de fils métalliques, datée 1795, ayant appartenu au baron de Montmorency à Istanbul, 300/500 € pour un manteau de cocher en drap de laine et velours de soie aux couleurs et aux boutons aux armes de la famille, 4 000/6 000 € pour un Portrait présumé de la duchesse de Montmorency (1774-1846) sur ivoire de Daniel Saint. Quel sera l’heureux adjudicataire, enfin, d’un collier de chien en cuir rouge et noir, la plaque en laiton gravée au nom de «Madame la duchesse de Montmorency à Auteuil» ? Des collectionneurs existent de ce type d’objets, les musées de la Chasse et de la Nature et de l’Armée à Paris en conservent de luxueux modèles. Le nôtre nécessitera 800/1 000 €.

Agenda
La séance du matin, destinée aux amateurs de porcelaines, se poursuit à 14 h avec un parcours classique. Parmi les moments forts, on a retenu la double matrice du sceau de la bastide de Ponce de Gourdon aux armes de Saint-Louis. Réalisé probablement dès le début de la seigneurie de Ponce de Gourdon, cet objet est estimé 30 000/40 000 €. Annoncé à 2 000/3 000 €, il faudra certainement prévoir plus pour espérer décrocher un corporalier en broderie or et argent, travail espagnol (?), vers 1600 et parfaitement conservé. Viennent ensuite des tableaux et souvenirs des Montmorency (voir Gazette n° 35, page 16), un petit reliquaire ostensoir en argent milieu XVIIe attribué au Clermontois Étienne Mareland (6 000/8 000 €), un vase néoclassique en pâte tendre de Sèvres (30 000/50 000 €), une pendule lyre de style Louis XVI mais d'époque Consulat, en porcelaine verte de Sèvres et bronzes dorés (40 000/60 000 €). Enfin, si 18 000/25 000 € pourraient accueillir un précieux guéridon vide-poche en écaille de tortue blonde et rouge, travail anglais vers 1830, 5 000/7 000 € sont avancés sur un curieux loup en bronze à patine vert antique, tenant un anneau, réalisé vers 1930 d'après un modèle antique excuté pour les navires du lac de Nemi que Caligula fit construire en l'honneur de la déesse Diane, et retirés de ce lac volcanique, près de Rome, détruits par un incendie lors des opérations militaires de libération de l'Italie en 1944.
mardi 19 octobre 2021 - 11:00 - Live
Salle 1-7 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Coutau-Bégarie
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