Manguin sous la lumière de l’Oustalet

Le 26 novembre 2020, par Agathe Albi-Gervy

Depuis sa villa de l’Oustalet, Henri Manguin capture les eaux turquoise du golfe de Saint-Tropez et, au-delà, les ocres chauds du village de Grimaud. Nous sommes en 1941 : la joie de vivre du fauve repousse la noirceur de la guerre.

Henri Manguin (1874-1949), Grimaud, vu de l’Oustalet, 1941, huile sur toile, 46 65 cm.
Estimation : 20 000/25 000 €

Ce paysage évanescent, figurant au catalogue raisonné de l’œuvre du peintre, se trouvait à la galerie Selections, à Tunis, autour de 1945. Or, l’année de sa création, en 1941, Manguin a été honoré d’une exposition à Tunis. L’œuvre est donc certainement demeurée en Tunisie les premières années suivant sa création, avant de revenir sur le sol français. En cette fin de carrière, l’éternel fauve insuffle à ses compositions autant de simplicité que d’équilibre. Ici, la volupté des eaux, reflétant la légèreté des nuages, forme une étendue horizontale qu’accentuent les sommets surplombant le village de Grimaud. Un mouvement avec lequel tranche la verticalité nette d’un poteau et de branchages. Cette végétation, ces reliefs, cette mer calme, Manguin en connaît tous les secrets. Son premier séjour à Saint-Tropez, dont le village représenté ici est voisin, remonte à 1904 : c’est le coup de foudre. Dès lors, il séjourne régulièrement en Provence, participant même au projet de création, en 1936, du musée de l’Annonciade. De juillet à octobre 1920, il séjourne à la villa l’Oustalet, d’où il a peint cette vue de Grimaud. Surplombant le golfe de Saint-Tropez, elle possède un grand atelier ouvert sur la mer et le jardin. Des atouts qui le décideront à en faire l’acquisition en 1928. Hormis quelques séjours à Marseille, à Toulon et en Bretagne, il alternera dès lors les hivers à Paris et les étés à l’Oustalet. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il partira s’installer à Avignon chez son fils Claude, avant de revenir à Paris en 1942.
 

Agenda
Cette vente verra la dispersion du contenu d'une bastide de Saint-Rémy-de-Provence et à divers. Les dessins anciens ouvriront le bal avec notamment une plume plume et encre brune, lavis brun et rehauts de gouache blanche sur papier préparé en bleu de Jean-Jacques Lagrenée, figurant L'Annonce aux bergers et envisager à 5 000/6 000 €. La peinture suivra avec en tête d'affiche William Marlow pour La Traversée du Rhône à Avignon, par le bac à traille (6 000/8 000 €), mais aussi plusieurs œuvres modernes dont une aquarelle signée Paul Signac, L'Ile aux Moines (8 000/10 000 €), et une toile d'Henri Manguin – passée par la galerie Sélection à Tunis vers 1945 – représentant Grimaud, vu de l'Oustalet en 1941 (20 000/25 000 €). Le fauve provençal Auguste Chabaud rivalisera avec sa palette violente et expressive dans une toile réalisée vers 1909-1910, Rue des Halles à Tarascon (15 000/20 000 €). Mobilier et objets d'art fermeront la marche avec une armoire d'Uzès en bois peint (1 000/1 500 €) ou encore un saint personnage en bois polychrome, issu d'un travail français du XVIe siècle (1 500/2 000 €). 
samedi 28 novembre 2020 - 10:00
Avignon - Courtine, 2, rue Mère-Térésa - 84000
Hôtel des ventes d'Avignon
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