En paix, à l’écart du monde

Le 10 décembre 2020, par Claire Papon

Mélancolique ou tout simplement concentrée, cette jeune musicienne dissimule ses pensées… Sauf peut-être à l'auteur du tableau, Edgard Maxence.

Edgard Maxence (1871-1954), Solitude, Peace Seclusion, huile sur panneau, 110 145 cm.
Estimation : 40 000/60 000 

Un soir, en forêt, une jeune femme rousse à la peau diaphane, vêtue à la mode Renaissance, joue de la vielle. Elle est de trois quarts, les yeux mi-clos, seule, plongée dans un rêve. Songe-t-elle à celui pour qui elle joue ? Le lieu, tout aussi mystérieux, évoque la Bretagne, les fées Viviane ou Mélusine, le roi Arthur ou l’enchanteur Merlin qui se cachent dans Brocéliande. Originaire de Nantes, Edgar Maxence a toujours gardé une affection forte pour sa terre natale. Élève de Jules-Élie Delaunay et Gustave Moreau aux Beaux-Arts à Paris, il n’a que 23 ans quand il expose au Salon des artistes français, six de plus quand il obtient la médaille d’or de l’Exposition universelle de 1900. Son goût pour les scènes médiévales idéalisées lui vaut d’être invité au Salon de la Rose-Croix de 1895 à 1897. Des achats du musée d’Orsay et une exposition au musée des beaux-arts de Nantes en 2010 ont remis sur le devant de la scène cette figure majeure du symbolisme, cousin français des préraphaélites Burne-Jones et Rossetti. Notre tableau, imposant par son format, par son cadre sculpté – probablement réalisé par l’artiste lui-même – dont la forme cintrée participe de l’aspect mystique, est intéressant également par sa technique : un mélange de pigments et de cire renforçant la profondeur des couleurs. Présenté au Salon de 1910, et probablement acquis auprès de l’artiste par la famille du propriétaire actuel, il n’a depuis lors jamais été montré. Il ne devrait plus rester à l’écart du monde très longtemps… 

Agenda
La plus haute marche du podium pourrait voir se disputer deux tableaux dans des genres parfaitement différents, pour ne pas dire opposés… L'un est un Portrait d'acteur de Jean-Baptiste Van Loo (voir Gazette n° 43, page 20), l'autre celui d'une jeune musicienne, seule dans une forêt, sous le pinceau de l'artiste symboliste Edgard Maxence. Chacune de ces œuvres est annoncée aux alentours de 40 000/60 000 €. À leurs côtés, on a noté L'Arrivée du convoi au village de Pieter Gysels (15 000/20 000 €), une Nature morte de fleurs, fruits et jeune garçon pelant un fruit attribuée à Giacomo Legi (30 000/40 000 €), le Portrait d'une sybille par Nicolas Régnier (15 000/20 000 €) et une toile d'Anatole Devosges, Le plaisir, entraînant la jeunesse, est vainqueur de la raison (10 000/12 000 €). Tout un programme…
mardi 15 décembre 2020 - 05:00 - Live
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