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Joseph-Siffred Duplessis et Marie-Antoinette

Le 17 novembre 2021, par Sophie Reyssat

Les tableaux anciens mettent les portraits à l’honneur avec une ambassadrice de charme : Marie-Antoinette.

Joseph-Siffred Duplessis et Marie-Antoinette
Joseph-Siffred Duplessis (1725-1802) et son atelier, Portrait de la Dauphine de France, Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine (1755-1793), huile sur toile, 74 56,5 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

Âgée de 16 ans sur ce portrait, cela fait déjà deux ans que Marie-Antoinette a épousé le futur Louis XVI. Loin de la représentation d’apparat, la jeune Dauphine de France est ici figurée tout en simplicité, sans bijoux, parée du seul éclat de sa jeunesse et les joues rouges de vitalité. Le tableau est en effet destiné à sa mère, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, qui avait initialement commandé un portrait équestre à Joseph-Siffred Duplessis, en 1771. Le musée de Versailles conserve une esquisse de ce portrait en buste, dont la version finale, mentionnée pour la dernière fois dans les collections de la marquise de Ganay, en 1913, n’est plus connue que par une photographie en noir et blanc. À quelques détails près, ce portrait s’en rapproche grandement. Si les séances de pose ont été insuffisantes pour représenter la future reine à cheval, Alfred de Dreux en a eu assez pour immortaliser une aristocrate irlandaise en selle : Charlotte-Marie de Plunkett, devenue madame Doche en épousant un compositeur et chef d’orchestre de vaudeville, ce qui l’a poussée à devenir elle-même actrice et première écuyère du cirque. Les temps ont changé, mais le portrait équestre demeure un marqueur de statut social, dont le peintre s’est fait une spécialité dès le début des années 1840 (77 64 cm, 20 000/30 000 €). Loin de ces préoccupations futilement terrestres, une huile sur panneau milanaise du XVIe siècle mettra l’extase religieuse en scène d’une manière originale pour l’époque : un Jésuite, dont seul le visage à la bouche mi-close est représenté dans l’angle inférieur droit du tableau, croise le regard d’un Christ aux liens le surplombant de sa stature. L’image, titrée Rex Meus et Deux Meus («Mon Seigneur et mon Dieu»), semble entrouvrir les bras à l’intention de son adorateur. Ce tableau illustre la relation personnelle unissant Dieu et le croyant qui suit les enseignements d’Ignace de Loyola (44,9 33,7 cm, 40 000/60 000 €).

Agenda

Si les peintures seront majoritaires parmi les 84 œuvres anciennes présentées le jeudi 25, quelques feuilles sont au rendez-vous, à l’image d’un dessin à la pierre noire, sanguine et pastel bleu signé par John Keyse Sherwin en 1780, montrant deux délicats visages anonymes (1 200/1 500 €). Marie-Antoinette attirera les regards avec le frais minois de ses 16 ans, peint par Joseph-Siffred Duplessis et son atelier (20 000/30 000 €). Autre œuvre redécouverte, le Portrait de Jacob Van Wassenaer Obdam, exécuté par Gerrit Van Honthorst, probablement entre 1635 et 1640, attirera l’attention autour de 50 000 €. D’autres effigies joueront la carte du charme, comme celle d’une jeune femme du XVIIe siècle jouant d’un petit orgue positif, donnée à Guillaume Courtois, dit Le Bourguignon (30 000/40 000 €). Alfred de Dreux se mettra en selle avec le Portrait équestre de Madame Doche, née Marie-Charlotte de Plunkett, reproduit au catalogue raisonné de l’artiste (20 000/30 000 €).

jeudi 25 novembre 2021 - 14:30 - Live
Hôtel des ventes, 164 bis, avenue Charles-de-Gaulle - 92200 Neuilly-sur-Seine
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