Musset, de la plume au crayon

Le 26 mai 2021, par Claire Papon

Vous pensiez tout connaître de l’auteur de Lorenzaccio ? C’était sans compter sur cette suite de dix-sept dessins satiriques, exécutés en 1840, avec son ami le sculpteur Augustin Barre, au moment du mariage de Pauline Garcia, un temps l’élue de son cœur…

Alfred de Musset (1810-1857), Les Péripéties du mariage de Pauline Garcia avec Louis Viardot, 1840, suite de dix-sept dessins humoristiques à la mine de plomb, légendés, montés sous passe-partout, présentés dans un emboîtage en demi-maroquin noir, 20,2 30,5 cm.
Estimation : 30 000/40 000 

L’ensemble se présente sous la forme d’une «bande dessinée» de 45 dessins (51 à l’origine), à raison de deux ou trois épisodes par feuille portant quelques lignes de légende et mettant en scène les protagonistes : les futurs époux Pauline et Louis Viardot, Alfred et Paul de Musset, George Sand… C’est en 1838 que Musset rencontre, dans le salon de son ancienne maîtresse et confidente Caroline Jaubert, Pauline Garcia (1821-1910). La jeune fille, sœur de la belle Malibran, est d’une famille espagnole vouée à la musique. Paulinette, comme l’appelle le poète, s’apprête à conquérir la scène parisienne sous la surveillance de sa famille, que le mariage de sa sœur avec un aventurier a échaudé. Parlant couramment quatre langues, bonne cavalière et escrimeuse, excellente pianiste, Pauline possède aussi un joli coup de crayon. Musset s’en éprend, en même temps que de Rachel, et la demande en mariage. La jeune Pauline le repousse en se moquant de son alcoolisme invétéré. Par l’entremise de George Sand, elle rencontre Louis Viardot (1800-1883), homme rangé, lettré, traducteur de Don Quichotte et directeur du Théâtre des Italiens. Le couple se mariera en 1840 et vivra heureux avec quatre enfants. Notre dandy débauché couchera son dépit dans des stances amères. Une piètre revanche pour celui qui avait l’habitude de quitter ses maîtresses quand elles commençaient à parler de mariage…

Agenda
Chronologie oblige, les premiers coups de marteau récompenseront des livres d'heures enluminés du Moyen Âge et de la Renaissance. Soit 18 ouvrages à l'usage de Rome, Paris et Rouen, dont le plus convoité devrait être un psautier dit d'Urfé, vers 1520-1530, dont 200 000/250 000 € sont esperés (voir Gazette n° 20, page 8). On poursuit avec une vente classique de livres illustrés modernes parmi lesquels un exemplaire des Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs (Paris, 1927), illustré de 33 gravures sur bois en couleurs par Sylvain Sauvage et habillé d'une reliure de maroquin de Jules Chadel (exemplaire de Henri Vever, 3 000/5 000 €), un exemplaire unique de Ce cochon de Morin de Guy de Maupassant (Paris, 1909) contenant toutes les aquarelles originales de Henriot (3 000/4 000 €), une édition de Dingo d'Octave Mirbeau (Paris, 1924), enrichie de 55 eaux-fortes de Pierre Bonnard et d'une reliure mosaïquée de Henri Noulhac (4 000/5 000 €). L'Histoire du chien Brisquet de Charles Nodier (Paris, 1900), illustrée de dessins orignaux de Steinlen et enrichie d'un album de 51 pages de croquis préparatoires (exemplaire unique), pourrait trouver lecteur à 15 000/20 000 €, mais en revanche il faudra pousser jusqu'à 30 000/40 000 € pour espérer s'offrir une savoureuse suite de 17 dessins d'Alfred de Musset exécutés en 1840 à l'occasion du mariage de Pauline Garcia.
vendredi 04 juin 2021 - 14:30 - Live
Salle 2 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Binoche et Giquello
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