Le premier dictionnaire de chinois en France

Le 02 juin 2021, par Caroline Legrand

Entrepris sous Louis XV, le tout premier dictionnaire chinois-français vit finalement le jour grâce à l’incontournable Napoléon Ier.

Chrétien-Louis-Joseph de Guignes (1759-1845), Dictionnaire chinois-français et latin publié d’après l’ordre de sa majesté l’Empereur et Roi Napoléon-le-Grand par M. de Guignes, Résident de France à la Chine, fort in-folio, Paris, Imprimerie impériale, 1813.
Estimation : 3 000/5 000 

Cet exemplaire de l’édition originale du premier dictionnaire chinois-français-latin – et d’ailleurs le premier dans une langue occidentale – provient d’une collection particulière bretonne. Ce «chef-d’œuvre de la typographie», selon le spécialiste Joseph-Marie Quérard, a pour auteur Chrétien-Louis-Joseph de Guignes, fils de l’orientaliste Joseph de Guignes et lui-même sinologue et professeur de syriaque. Attaché dès 1783 au consulat de France à Canton, il est resté près de vingt années en Chine. Abandonné pendant plus de soixante ans, ce vaste projet fut relancé en 1808, grâce à l’intervention de l’empereur Napoléon Ier. De Guignes aura tout de même besoin de cinq années pour l’achever. Pour cette somme, il se reposera largement sur l’ouvrage, resté à l’état de manuscrit en raison de problèmes de financement, du père Basile de Glemona (1648-1704) : le Vocabulaire chinois/latin, élaboré entre 1694 et 1699 à Nankin, où sont déjà traduits en latin environ sept mille idéogrammes. Mais de Guignes traitera dans son livre plus de quatorze mille caractères, avec leur traduction en latin et en français. Les tableaux d’orthographe et de prononciation représentent aussi un travail de gravure colossal, rendu possible grâce aux matrices en buis, très peu utilisées jusque-là, réalisées entre 1718 et 1745 sous la direction du sinologue Étienne Fourmont et conservées depuis 1802 à la Bibliothèque impériale. On les surnommait les « buis du Régent ».

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Près de deux cents numéros occupent ce sommaire. À leur tête ? Des livres anciens comme ce rare exemplaire de l'ouvrage théosophique, traitant de mystique et de kabbale chrétienne, d'astrologie ou même de symbolique héraldique, intitulé Idealis umbra sapientiae generalis (L'Ombre idéale de la sagesse universelle) du père capucin Esprit Sabbathier, imprimé à Paris en 1679 par Mlle Jabrier (2 000/3 000 €). Mais c'est la rare édition originale du premier dictionnaire de chinois en latin et français de Chrétien-Louis-Joseph de Guignes, publié à Paris en 1813, qui devrait provoquer la plus belle bataille d'enchères à hauteur de 3 000/5 000 € (voir Gazette n° 22, page 130).  
samedi 12 juin 2021 - 14:00 - Live
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