Une floraison d’art ancien

Le 01 avril 2021, par Sophie Reyssat

Deux jours de ventes déclinent l’esprit antique, la Haute Époque, et les arts classiques.

Florence, XVIIe siècle. Paire de panneaux en marqueterie de pierres dures polychromes (l’un reproduit), représentant chacune un perroquet dans un  entourage de fleurs nouées par un ruban, cadres feuillagées et dorés, 61  49 cm.
Estimation : 20 000/30 000 

Les arts décoratifs seront représentés dans toute leur diversité pendant deux jours, avec une mention spéciale pour des œuvres Haute Époque, appartenant à une collection flamande, composant l’essentiel du programme du samedi 3. L’engouement de la Renaissance pour le chatoiement des couleurs et le jeu des matériaux précieux sera de mise ce jour-là par un coffret d’ébène incrusté d’écaille rouge, d’albâtre, de jaspes, de lapis-lazulis et de serpentine (33 51 35 cm, 8 000/10 000 €). Il trouvera son écho le lendemain dans cette paire de panneaux en marqueterie de pierres dures, eux aussi façonnés dans l’Italie du XVIIe siècle. Créé à Florence en 1588 par Ferdinand Ier de Médicis, l’Opificio delle pietre dure a fait rayonner son art dans toutes les cours d’Europe. Les artisans disposent de toute une palette de pierres collectées dans le monde entier, sélectionnées avec subtilité et façonnées avec virtuosité pour concurrencer la peinture, comme le montrent ici ces oiseaux et ces fleurs pleins de vie. L’Antiquité aura un empereur pour ambassadeur dès le samedi, avec un panneau en laine, soie, paillons d’or et d’argent (305 327 cm, 20 000/25 000 €), tissé à Bruxelles au tournant du XVIIe siècle : on y voit Vespasien, auquel le général Flavius Josèphe – défait lors du siège de Jotapata en 67, et emprisonné par les Romains – prédit qu’il ceindra les lauriers impériaux. Ce sera chose faite deux ans plus tard. La tapisserie, qui a conservé la fraîcheur de sa belle polychromie, porte la marque du lissier Hans Mattens. Le lendemain, un autre empereur romain, en bronze (h. 45 cm, autour de 50 000 €), dont le buste est attribué au sculpteur Antonio Minelli, actif dans le premier quart du XVIe siècle, tiendra tête à Poséidon, dont le visage a été taillé en France au XVIIe siècle dans le goût antique (h. 42 cm, 20 000/30 000 €).

Agenda

Le dimanche 4, le tempo sera marqué par une horloge d’édifice de la fin du XVIIIe siècle, encadrée d'un tore de laurier par J. Bernard Henri Wagner (10 000/12 000 €), mais aussi par une pendule « à l’étude » d’époque Louis XVI, dont le cadran en bronze doré et de marbre blanc est encadré par les allégories du Dessin et de la Philosophie (autour de 25 000 €). Le siècle des Lumières revivra également avec une fontaine en terre cuite, dont la coquille est surmontée par un monstre marin émergent de plantes aquatiques (8 000/12 000 €). Le confort sera garanti par les ébénistes, de la marquise d’époque Louis XV estampillée Blanchard (environ 10 000 €), à la bergère de malade fabriquée sous Louis XVI par Michard (3 000/5 000 €). Place à l’Italie, avec des oiseaux florentins en pierres dures formant une paire de panneaux du XVIIe siècle (20 000/30 000 €), et un buste d’empereur en bronze attribué à Antonio Minelli, actif au début du XVIe siècle (autour de 50 000 €).

dimanche 04 avril 2021 - 02:00 - Live
Versailles - Hôtel des ventes du Château, 13, avenue de Saint-Cloud - 78000
Osenat
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