Voyage en Arcadie avec Bon Boullogne

Le 14 septembre 2021, par Claire Papon

C’est à Bon Boullogne, fils et frère de peintres, que l’on doit cette grande composition mettant en scène, dans un paysage idéalisé, Pan parmi les nymphes, en bonne place dans une vente classique.

Bon Boullogne dit Boullogne l’Aîné (1649-1717), Pan et les nymphes, huile sur toile, fin XVIIe siècle, 178 120 cm.
Estimation : 80 000/120 000 

Divinité des bergers, des troupeaux et des bois, Pan – créature à buste d’homme et pattes de bouc, au nez camus et aux oreilles en pointe – se consacre à la chasse et à la musique dans les vallons d’Arcadie. Redouté des voyageurs auxquels il apparaît par surprise – le mot panique étant dérivé de son patronyme –, il a pour attribut la syrinx, instrument constitué de plusieurs tubes de roseau de longueurs différentes reliés entre eux, métamorphose de la nymphe du même nom dont il s’était épris. Refusant ses avances, elle avait tenté de lui échapper, le jeune homme n’embrassant qu’un faisceau de roseaux. Elle est représentée ici vêtue de rose, munie d’un arc en ivoire, légèrement en retrait de ses compagnes. Très lisible, cette composition, inspirée des Métamorphoses d’Ovide, diffère d’un tableau du même artiste exécuté pour le Grand Trianon (conservé au musée d’Arras), dans lequel figure un autre personnage face à Syrinx. Un commanditaire en voulut sans doute une version plus grande, la nôtre… Le tableau trône dans la collection d’un amateur, notaire – et passionné d’art semble-t-il –, aux côtés d’une coupe en vermeil de Jacques Prévost, du tout début du XVIIIe, à décor rayonnant et prise en forme d’ananas (30 000/50 000 €), de quelques faïences de Nevers et Rouen et de porcelaines japonaises d’Imari. Aux cimaises, un Portrait de Marie-Thérèse Girardon née Bouchardon, de Jean-Baptiste Lefèbvre, est espéré 60 000/ 80 000 € (voir Gazette n° 31, page 16) quand une toile d’Étienne Jeaurat, Le Départ de la nourrice ou Les Trois Âges, mettant en scène une dame de qualité remettant son nouveau-né sous le regard d’une vieille femme, sur un chemin de terre devant une maison délabrée, nécessitera 70 000/100 000 €. Sans surprise, le mobilier est d’époque Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, attribué à ou estampillé Nicolas Pineau, Pierre IV Migeon, Jacques Dubois, Nicolas Simon Courtois…

Agenda
Proposée en première partie d'après-midi, la collection d'un amateur comprend des faïences de Nevers et de Rouen, une poule en porcelaine Imari du Japon montée en bronze d'époque Louis XV (30 000/40 000 €), une coupe en vermeil de Jacques Prévost du tout début du XVIIIe (30 000/50 000 €), un paysage de Bon Boullogne, Pan et les nymphes (80 000/120 000 €), un portrait par Jean-Baptiste Lefebvre (voir Gazette n° 31, page 16), une toile d'Étienne Jeaurat, Le Départ de la nourrice, ayant fait partie de la collection Jacques Doucet (70 000/100 000 €). Du mobilier, on a relevé une table-console d'époque Louis XIV en chêne sculpté doré et dessus de marbre (100 000/150 000 €), une autre, aux tritons ailés, attribuée à Nicolas Pineau vers 1710 (80 000/100 000 €), une commode à portes en bois de placage, attribuée à Jacques Dubois (120 000/150 000 €), et du même, une table de tric-trac avec ses jetons en ivoire blanc et vert (40 000/50 000 €). De différents amateurs cette fois, on devra débourser 150 000/200 000 € pour un buste en bronze et marbre de l'empereur Hadrien attribué à Guglielmo Della Porta, tout comme pour un bureau plat en placage de bois de violette et d'amarante, d'époque Régence, attribué au Maître aux pagodes,
40 000/60 000 € pour une paire de médaillons en bronze vers 1700 représentant L'Asie et L'Amérique, 120 000/150 000 € pour une table à écrire attribuée à BVRB, ayant appartenu au début du XXe au diplomate Paul Dutasta. Un bien-nommé bonheur-du-jour attribué à Adam Weisweiler, d'époque Louis XVI, fera la joie d'un amateur moyennant tout de même 150 000/250 000 €.
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