Albert Cheuret prend son envol

Le 29 octobre 2020, par Sophie Reyssat

Entre naturalisme art nouveau et stylisation art déco, le sculpteur et décorateur Albert Cheure se distingue avec ce luminaire original.

Albert Cheuret (1884-1966), Héron, lustre en bronze patiné vert
à décor d’un héron volant, ses ailes en lames d’albâtre, la cravate en bronze assorti annelé de quatre trios d’albâtre, 60 
72 cm.
Estimation : 15 000/20 000 

À plus d’un titre, ce lustre est emblématique des créations d’Albert Cheuret. S’il a conçu toutes sortes d’objets mobiliers, des consoles aux miroirs, en passant par les pendules, les luminaires ont eu sa faveur. Diffusé avec douceur à travers les plaques translucides d’albâtre, utilisées avec prédilection en association avec le bronze ici patiné, mais qui peut également être argenté –, l’éclairage permet de magnifier le contraste entre la blancheur fragile de la pierre et la sombre densité du métal. Le traitement de l’albâtre en lamelles, pour styliser les ailes du héron en vol, confère délicatesse et légèreté à la pièce. Ce traitement élégant des volumes est une marque du décorateur, qui a étudié la sculpture auprès de Jacques Perrin et Georges Lemaire. Il ouvre son atelier parisien en 1907 et expose ses sculptures aux Salon des artistes français, avant de se faire remarquer à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925. Sur son stand du pont Alexandre III, on peut admirer ses pièces de mobilier mariant avec habileté les formes géométriques et les sujets naturalistes. Puisant son inspiration dans la flore et la faune, volontiers exotiques, il se sert ainsi de cobras dressés avec autant de facilité que d’oiseaux déployant leurs ailes. Hérons, rapaces, faisans, cigognes ou encore oiseaux de paradis peuplent ses créations. 

Agenda

De la lampe de bronze et d’albâtre adoptant la forme d’un héron volant grâce à l’imagination d’Albert Cheuret (15 000/20 000 €), à la paire de fauteuils modèle « RE », en contreplaqué de bouleau thermoformé, créés par Kenzo Tange et édités par Tendo Mokko (8 000/12 000 €), un large éventail de styles évoquera le XXe siècle le samedi 31 octobre. À lui seul, Pierre Jeanneret sera représenté par treize lots, des tabourets, des sièges et des banquettes, mais aussi des tables entre 2 000 et 60 000 €. Dans cette dernière catégorie, un modèle boomerang en teck attirera l’attention. Alors que Nicolas Tarkhoff opte pour une touche impressionniste pour représenter Les Tentes sur la plage, Soulac-sur-Mer (autour de 6 000 €), Jean Lambert-Rucki détourne le concept de clé pour en faire une sculpture (5 000/6 000 €).

samedi 31 octobre 2020 - 14:00 - Live
Fontainebleau - 9-11, rue Royale - 77300
Osenat
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