Direction l’espace en compagnie de Kuramata

Le 12 mai 2021, par Caroline Legrand

La légèreté était l’un des maîtres mots du designer japonais. Une nouvelle preuve en est donnée avec ce cabinet « Solaris » au piétement aérien.

Shiro Kuramata (1934-1991), meuble de rangement dit « Solaris », bois, acier et métal, éd. Cappellini, 1985, 153,5 140 82 cm.
Estimation : 5 000/7 000 

Shiro Kuramata est l’un des noms incontournables du design du XXe siècle. Il a su imposer un style très personnel à la frontière entre la tradition nippone et les innovations occidentales, associant formes baroques et légèreté, à l’image de ce meuble ouvrant à vingt-huit tiroirs, juché sur quatre pieds cylindriques en aluminium qui semblent d’une hauteur infinie. De cette disproportion entre les éléments naît une dynamique aérienne inattendue. Pour Kuramata, la création fait appel à l’enfance : «Petit, j’étais très attiré par les recoins et les endroits secrets où je pouvais enfouir mes trésors imaginaires. Cela m’a toujours poursuivi  ! ». Ajoutons les références au monde de la science-fiction, puisque « Solaris » est le nom de l’étrange planète du roman de Stanislaw Lem, porté à l’écran par Andreï Tarkovski en 1972. Tout un univers et toute une époque ! Shiro Kuramata ouvre le Kuramata Design Office en 1965 dans la capitale nippone : ses créations s’exportent rapidement. Il travaille en collaboration avec le Memphis Group d’Ettore Sottsass dans les années 1980, puis décide, à la fin de celles-ci, de s’installer à Paris. Kuramata a meublé des boutiques et des maisons dans le monde entier. Les éditeurs s’arrachent ses créations, de Vitra à Driade, en passant par XO et Cappellini. Aujourd’hui, on trouve ses œuvres tant au musée des Arts décoratifs de Paris qu’au MoMA de New York.

Agenda
De l'art nouveau au design, cette vente d'arts décoratifs du XXe siècle proposera une belle palette de styles différents. On débutera ce tour d'horizon par des verreries de l'époque art nouveau à l'image d'un vase gravé à l'acide et repris à la molette de motifs d'orchidées sur fond rose, par Désiré Christian (8 000/10 000 €), et d'un vase d'Émile Gallé à décor émaillé, polychrome et d'applications de cabochons de motifs de fleurs variées sur fond translucide (6 000/8 000 €). On passera au mobilier en compagnie de Charlotte Perriand qui livrera contre 6 000/8 000 € une enfilade en placage de chêne, Formica et métal, mais aussi de l'architecte et designer français Jean-Michel Wilmotte, à travers plusieurs de ses créations dont une rare suite de quatre chaises dites « Grand Louvre » en platane, éditées en 1989 par les ateliers Laffanour (2 000/3 000 €). Et pour ceux préférant le style tout en imagination et légèreté du designer japonais Shiro Kuramata, nous signalerons la présence d'un meuble de rangement Solaris, édité en 1985 par Cappellini (5 000/7 000 €). 
mercredi 19 mai 2021 - 15:00 - Live
Marseille - 224, rue Paradis - 13006
Maison R&C, Commissaires-Priseurs Associés
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