Un piano et une histoire

Le 30 octobre 2019, par Caroline Legrand

Fondée il y a deux siècles et demi, la maison Érard demeure une référence. Les plus grands interprètes et compositeurs classiques et romantiques ont joué sur ses instruments, que l’on se dispute encore.

Piano Érard «Art case», modèle grand concert français à cordes parallèles, année 1873, numéro 46156, ébénisterie de style Napoléon III en bois laqué noir et moulures dorées, 255 x 146 cm.
Estimation : 25 000/35 000 

Sébastien Érard (1752-1831) crée son premier piano-forte en 1777. Par ses innovations techniques et mécaniques, dont l’échappement double ou le pédalier, il invente le piano tel qu’on le connaît encore aujourd’hui. S’il est d’abord hébergé chez la duchesse de Villeroy, il établit ensuite sa société au 13, rue du Mail à Paris, en 1781. Après avoir émigré à Londres durant la Révolution, Sébastien revient en France et relance sa production, bientôt avec l’aide de son neveu Pierre (1796-1855), qui prendra la direction de l’entreprise en 1831. La marque connaît son apogée au XIXe siècle. Franz Liszt ou Gabriel Fauré comptent parmi ses fervents utilisateurs, de même que nombre de mélomanes amateurs et de grands collectionneurs d’instruments, à l’image du comte Jean-Joseph Valéry, grand-oncle du poète Paul Valéry, qui acheta cet exemplaire en mars 1875. Ce modèle a été fabriqué de 1849 à 1902 à 485 unités, et présenté à l’Exposition universelle de Vienne en 1873. Le comte, qui dirigeait la compagnie de navigation maritime Valéry frères et fils, fut également président de la chambre de commerce de Bastia, en 1859, puis sénateur de Corse de 1876 à 1879. Sa fille, Marie-Antoinette, épouse du comte Jean de Béarn, obtiendra le piano par héritage. Gaston de Béarn le récupèrera à son tour et y fera apposer son sceau.

Agenda
Plusieurs centaines d'instruments de musique formeront un bel éventail de choix qui ira d'un petit accordéon romantique à huit touches en nacre, soufflet en carton et papier à décor floral, fait vers 1860 (40/50 €), à un piano Érard « Art Case », modèle de grand concert français à cordes parallèles de 1873 (25 000/35 000 €). Nous attirerons encore votre attention sur un violon de la fin du XVIIIe siècle fabriqué par Gaetano Pasta à Milan (5 500/6 000 €), un archet de violon de François Nicolas Voirin en pernambouc (7 000/9 000 €), un saxophone alto d'Henri Selmer de 1981, modèle « Super Action 80 » (1 600/1 700 €), ou encore un cor double de la même marque, celui-ci argenté (1 200/1 400 €).
jeudi 07 novembre 2019 - 14:30
Lyon - Hôtel des ventes, 70, rue Vendôme - 69006
De Baecque et Associés
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