Desportes, la vérité au cœur de la nature ?

Le 17 juin 2021, par Sophie Reyssat

Alexandre-François Desportes est allé chercher la vérité au cœur de la nature. Son pinceau a ouvert la voie aux peintres animaliers français.

Alexandre-François Desportes (1661-1743), Nature morte au lièvre, perdrix grise, et panier de pêches, huile sur toile, 74 92 cm.
Estimation : 25 000/30 000 

«Il était aussi bon poète avec son pinceau que le célèbre Jean de La Fontaine était bon peintre avec sa plume.» Amoureux de la nature, François Desportes aurait goûté cet éloge posthume, publié dans le Mercure de France en 1743. L’artiste peut être considéré comme l’inventeur de la peinture animalière française, notre pays n’ayant pas de tradition en la matière avant lui, contrairement aux territoires flamands. Conservant le réalisme nordique, mais rejetant toute symbolique, il peint avec une sensibilité qui deviendra la touche française. Desportes séduit ainsi Louis XIV, qui l’autorise à suivre les chasses royales, immortalisées sur le vif dans des dessins à la pierre noire. L’artiste se représente d’ailleurs en chasseur dans l’autoportrait qui lui ouvre les portes de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1699, à 37 ans. Le peintre animalier réalise dès lors les portraits des chiens de chasse du Roi-Soleil, compose des tableaux cynégétiques mettant les dogues aux prises avec le gibier, peint des trophées de chasse et des natures mortes. Il opte ici pour un cadrage resserré sur un lièvre et une perdrix grise, présentés dans un intérieur auprès d’un panier de pêches. Il utilise parfois une niche architecturée pour valoriser son sujet, à moins qu’il ne mette le gibier fastueusement en scène en plein air, près d’un vase rempli de fleurs ou devant une fontaine sculptée, dont la vasque déborde de fruits.

Agenda

Alexandre-François Desportes tiendra le haut du pavé le mardi 22 avec une Nature morte au lièvre, perdrix grise, et panier de pêches proposée entre 25 000 et 30 000 €. Les amateurs d’art moderne choisiront quant à eux une Composition suprématiste de 1921 à l’encre de Chine et à l’aquarelle par Lavinsky Anton Mikhaïlovitch (2 000/3 000 €), à assortir avec une table basse « soleil » de Roger Capron à plateau émaillé polychrome à décor de visage solaire (1 500/2 000 €). Jouant de sa flûte sous un arbre, son chien à ses pieds, un berger du XIXe siècle agrémentera une pendule borne en bronze doré autour de 500 €. Une sirène de Paul Pouchol dans le goût des nymphes de René Buthaud, en terre cuite émaillée, sera proposée entre 500 et 800 €.

mardi 22 juin 2021 - 14:15
Deuil-la-Barre-Montmorency - 77, rue Cauchoix - 95170
Valérie Régis - HDV de la Vallée de Montmorency
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