Un scientifique, chevalier de l’ordre de Saint-Michel

Le 22 avril 2021, par Anne Foster

Jean-Baptiste Biot figure parmi les porteurs de cette distinction qui remonte au XVe siècle.

France, vers 1821. Ordre de Saint-Michel, fondé en 1469, croix de chevalier en or à huit pointes pommetées, les bras émaillés blanc avec réserve ciselée de flammes émaillées vert, centres en deux parties figurant l’archange Michel terrassant le démon, ajouré sur fond bruni, 5,4 4,8 cm, poids brut 39,8 g.
Estimation : 8 000/12 000 

Selon le site du ministère de la Culture, l’ordre de Saint-Michel «peut être considéré comme le précurseur de l’ordre des Arts et des Lettres. Destiné à l’origine à la noblesse, il va tendre aux XVIIe et XVIIIe siècles à devenir un ordre de mérite civil où seront distingués de nombreux artistes, architectes, collectionneurs ou gens de lettres». C’est oublier les scientifiques tel Jean-Baptiste Biot (1774-1862), physicien, astronome, mathématicien, qui fut le premier à démontrer l’origine extraterrestre des météorites et à effectuer, avec Louis Gay-Lussac, une ascension en ballon à but scientifique, montant jusqu’à 4 000 m pour étudier la variation du champ magnétique terrestre. Il fut également chargé de continuer la mesure de l’arc méridien de France jusqu’aux Baléares. Il s’intéressa à la littérature, à l’histoire et à la géographie ainsi qu’à l’astronomie égyptienne ou chinoise. Heureusement, l’ordre de Saint-Michel, le plus ancien de France, fondé en 1469 par Louis XI, institué comme «l’ordre et aimable compagnie de monsieur Saint-Michel», dédié à l’archange et saint patron du royaume, devint progressivement la distinction suprême des mérites civils, récompensant en particulier les scientifiques et les artistes. Il fut réorganisé par Louis XIV en 1661, qui fixa ses effectifs à 100 chevaliers d’origine française, et le collier fut remplacé par une croix portée à l’aide d’un cordon noir. Nommé en 1821, Jean-Baptiste Biot reçut sa croix de chevalier en 1826 lors du premier chapitre réuni depuis la Révolution. L’ordre sera supprimé en juillet 1830 par Louis-Philippe.

Panorama (avant-vente)

Cadeau diplomatique

Le 22 avril 2021, par Anne Foster

Proposé par Pescheteau-Badin, assisté de M. Palthey, lors de la vente organisée le mercredi 28 par Beaussant Lefèvre en salle 11, à Drouot, à 13 h, ce médaillon en or fut offert par le général Tang Jiyao, gouverneur du Yunnan, à Mme Albert Sarraut. Il est attendu autour de 4 000/5 000 €. Ce bijou (12,6 6,6 cm, poids brut 205 g) est orné de deux soleils superposés, le centre à décor de deux dragons affrontés, maintenant un cabochon de pierre bleue, le revers ciselé de sinogrammes signifiant «septième année de la République de Chine (1918)… », avec une chaîne en or. Albert Sarraut vécut en Indochine avec son épouse, en qualité de gouverneur de 1911 à 1914, et de 1917 à 1919 (la ligne de chemin du Yunnan reliait alors Kunming à Haiphong depuis 1910).

Agenda
Ordres et décorations sont dispersés par deux maisons de vente, Beaussant - Lefèvre et Pescheteau-Badin, cette dernière notamment pour un médaillon du Yunnan (voir page ??). Inscrite sur le procès-verbal de la première, une croix de chevalier de l'ordre de Saint-Michel (voir page ??) voisine avec un bijou de grand aigle du premier type de l'ordre de la Légion d'honneur, époque Empire-Restauration (10 000/12 000 €), un autre de celui du Mérite pour les sciences et les arts, « Pour le Mérite für Wissenschaften und Künste », royaume de Prusse, accordé à Jean-Baptiste Biot en 1850 (5 000/7 000 €), et une torche des jeux Olympqiues d'été de Beijing en 2008 (2 000/2 500 €).
mercredi 28 avril 2021 - 01:00 - Live
Salle 11 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Beaussant Lefèvre , Pescheteau-Badin
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