Haute Époque et statuaire du Gabon

Le 03 octobre 2019, par Sophie Reyssat

Les œuvres médiévales et Renaissance sont le clou de cette dispersion, au côté d’une sculpture fang.

Espagne, XIIIe siècle. Saint Jean de calvaire en bois sculpté, marouflé et polychromé, numéro d’inventaire 2577 et étiquettes de collection, h. 154 cm (restaurations).
Estimation : 15 000/20 000 

Une fois n’est pas coutume, la Haute Époque est à l’honneur avec des pièces de choix, introduites par un panneau ogival en deux registres du Maître de la Miséricorde  actif à Florence vers 1360-1390  montrant la Vierge à l’Enfant en majesté, entourée de saints et représentée sous la Crucifixion (15 000/20 000 €). Cette précieuse image sur fond or sera suivie par la dispersion d’une collection réunie par Yvan Carrière, qui avait mis à profit sa profession de pilote de ligne pour trouver des pièces rares de par le monde. Parmi elles, figure ce saint Jean tenant l’Évangile, référencé en 1972 dans l’ouvrage d’Édouard Bresset et Jacqueline Boccador consacré à la Sculpture médiévale de collection. Contrairement à l’usage de l’Orient byzantin, qui lui donne l’aspect d’un vieillard chauve doté d’une vénérable barbe blanche, Jean est ici représenté conformément au canon occidental, sous les traits d’un jeune homme imberbe. Sa tonsure et sa coiffure «en calotte» se retrouvent dans la sculpture espagnole. Une autre œuvre produite au-delà des Pyrénées se fera remarquer : un imposant plat rond en faïence lustrée, produit à Manises, près de Valence, vers 1450-1475. Les éléments de son décor  des armoiries à l’aigle d’azur entourées par des feuilles en amande , se retrouvent sur des pièces conservées au musée de Sèvres et au Victoria and Albert Museum (20 000/30 000 €). Les amateurs feront également le déplacement pour une tête d’ancêtre portant les traces de la vénération que lui portait le peuple fang, et dont les pointes métalliques encore en place indiquent que des disques de métal ou d’os y étaient fixées pour créer un regard. Cette sculpture gabonaise, que l’on suppose du XIXe siècle, était semble-t-il initialement placée dans une case de chef de lignage. Elle a été ramenée en France entre 1924 et 1938 par Robert Visconti, suite à l’une de ses missions en tant qu’expert en bois coloniaux, et a été conservée dans sa famille jusqu’à ce jour.
 

Tête fang, Gabon, bois, profonde patine suintante, h. 42 cm. Estimation : 50 000/80 000 €
Tête fang, Gabon, bois, profonde patine suintante, h. 42 cm.
Estimation : 50 000/80 000 
Agenda

Parmi une belle sélection éclectique d’œuvres médiévales et Renaissance, une quarantaine a été réunie par le collectionneur Yvan Carrière. Elles seront dispersées entre une centaine d’euros, pour une chaise pliante fabriquée dans le Val d’Aoste au XVIe ou au XVIIe siècle, et quelque 25 000 €, pour un plat du XVe siècle en faïence de Manises. Le XVIIIe siècle sera notamment représenté par une horloge de table hexagonale en bronze doré et argenté, fabriquée par Johann Gottfried Kriedel dans la Saxe (4 000/6 000 €), et un gobelet en vermeil augsbourgeois d’Esaias III Busch, orné d’une scène de badinage courtois par le peintre émailleur Johann Jacob Priest (6 000/8 000 €). Une sculpture contrastera avec l’ensemble de la sélection : une tête fang du Gabon, attendue autour de 65 000 €.

dimanche 06 octobre 2019 - 02:30 - Live
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