Collection Larminet-Davioud

Le 21 janvier 2021, par Claire Papon

Ivoires, bois, pierres, cuirs, bronzes… la collection de cet ancien antiquaire lillois a des allures de matériauthèque. C’est en tout cas ainsi que se dévoilent les objets qu’il avait conservés et dont sa famille se sépare aujourd’hui.

Allemagne du Sud, fin du XVIIe siècle. Attribué à Johann Michael Maucher et son atelier (1645-1701), retable en bois noirci et ivoire sculpté surmonté d’un crucifix, à décor d’animaux, saints et personnages symboliques, 115 69 cm.
Estimation : 30 000/40 000 

«Toujours souriant, la tête penchée, la démarche alerte et sautillante, Georges Davioud aimait m’entraîner dans son antre de collectionneur. On traversait le vieux Lille pour arriver devant un immeuble à la façade sans ostentation qui abritait au rez-de-chaussée son magasin d’antiquités. On montait à l’étage par un escalier raide et là, on entrait dans un univers coupé du monde, baigné par la lumière tamisée des vitraux, peuplée d’une multitude d’objets et de sculptures. Commençait alors, dans une communion discrète teintée de connivence, l’examen de quelques plaques d’ivoire, baisers de Paix, groupes de retable, christs romans ou plaquettes de bronze», se souvient Laurence Fligny, l’expert de la vente. Six ans après la disparition de cet autodidacte avisé, fils d’un fabricant de voitures hippomobiles initié à l’art religieux par son oncle – docteur en théologie et érudit de la pensée philosophique médiévale –, ses héritiers mettent en vente sa collection d’œuvres Haute Époque. Cent quatre-vingts objets conservés de longue date à l’abri des regards, emmenés par cet étonnant retable en bois noirci et ivoire, œuvre de commande destinée à une dévotion privée livrée en excellent état de conservation avec tous ses bas-reliefs. Cette pièce, qui met en scène la Passion du Christ en l’accompagnant de représentations symboliques et allégoriques, à thèmes majoritairement cynégétiques, est attribuée à Johann Michael Maucher, connu pour avoir réalisé des crosses de fusils, des plats et des aiguières illustrés de scènes de chasse. Au menu également, un prophète en chêne sculpté du Brabançon Jan I Borman (fin XVe, 3 000/4 000 €), une crèche napolitaine XIXe en bois sculpté polychrome (5 000/7 000 €), un bel ensemble d’étuis européens en cuir, et un médaillon en émail peint en grisaille d’une tête d’empereur (Limoges, milieu du XVIe, 3 000/4 000 €). Sans oublier une curieuse allégorie du Temps en ivoire sculpté d’un homme, nu et ailé, tenant une faucille, portant sur son dos un squelette drapé dans un suaire, et armé d’une flèche (XVIe, 8 000/10 000 €).

Agenda
180 œuvres attendent les amateurs de Haute Époque. Ils proviennent de la collection de l'ancien antiquaire lillois, Georges Davioud (1927-2014) et se partagent entre ivoires, statuaire en pierre ou en bois, étuis et coffrets en cuir doré aux petits fers, christs en bronze doré, cuivres champlevés et bourses de jeu en velours rouge brodé de fils d'argent. Les coups de marteau sont attendus entre 300 et 20 000 €.
mercredi 27 janvier 2021 - 01:30 - Live
Salle 9 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot - 75009
Pierre Bergé & Associés
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