Bâton de berger

Le 19 juin 2019, par Claire Papon et Anne Foster

Archétype de la crosse limousine, ce modèle en cuivre champlevé et émaillé met en scène le combat de saint Michel avec le dragon. Un bijou d’orfèvrerie, dans une vente consacrée à la Haute Époque.

Limoges, vers 1220-1230. Crosse en cuivre champlevé, gravé, ciselé, émaillé et doré, figurant saint Michel terrassant le dragon, h. 32 cm.
Estimation : 60 000/80 000 

Avec un coffret colonais en os sculpté de la fin du XIIe siècle, estimé 50 000/80 000 €, notre objet est le plus attendu de cette dispersion. Ses dimensions sont classiques, son état de conservation satisfaisant, malgré quelques manques et usures, et l’historique de sa provenance ne manque pas d’intérêt. Cette crosse a en effet appartenu à Charles Boucaud, antiquaire rue du Bac et expert spécialisé dans les œuvres de Haute Époque et les étains, auxquels il a consacré des ouvrages dans les années 1960. Elle appartient au groupe le plus important des crosses limousines  quarante-six représentant Saint Michel terrassant le dragon, suivies de trente-neuf sur le thème de L’Annonciation. La crosse, comme la férule  sorte de sceptre terminé parfois par une pomme  ou le tau, tirant son nom de la lettre T qui le représente, est une pièce indispensable à la célébration de la liturgie et un attribut des évêques, puis des abbés et des abbesses ; sa forme en volute se fixe au XIIe siècle, en Occident. Elle dérive du bâton pastoral lui-même inspiré de celui du voyageur. Fixées à de longs bâtons de bois, disparus pour la plupart, les crosses sont parvenues en grand nombre jusqu’à nous, la coutume d’inhumer le prélat avec ses insignes ayant permis d’en mettre à jour lors des fouilles. Les palmettes et les fleurs des années 1200 cèdent souvent la place au motif du serpent puis, vers 1230, à des thèmes liés à l’iconographie mariale. Aux XIIIe et XIVe siècles, les émailleurs limousins se mettent à fabriquer des crosses en cuivre décorées d’émaux champlevés, qui rivalisent de succès avec celles d’ivoire. Les scènes sont gracieusement traitées  : Adam et Ève, l’archange Michel tenant la lance avec laquelle il vainc le dragon. Triomphe de l’esprit de Dieu sur le démon, du guerrier pesant sur les âmes…
 

 
 
Agenda
À tout seigneur, tout honneur, commençons par la couverture du catalogue. Elle revient à une crosse en cuivre champlevé, gravé et émaillé, travail limousin vers 1220-1230 pour laquelle 60 000/80 000 € sont demandés. Une enchère d'altitude similaire, 50 000/80 000 €, pourrait accueillir un coffret en os sculpté et gravé, travail colonais de la fin du XIIe siècle, décorée toutes faces de statuettes de saints en bas relief entre des colonnettes. Une paire d'encadrements de fenêtres en marbre de Vérone sculpté de mascarons de la seconde moitié du XVIe siècle devrait trouver preneur entre 30 000 et 40 000 €, une petite armoire catalane, milieu XVIe, en noyer à décor marqueté d'os autour de 25 000/30 000 €. La seconde partie de séance est ponctuée notamment d'un bel ensemble d'émaux de Limoges, des XVIe-XVIIe siècles ; on y trouve des plaques, des salières, des assiettes, burettes, coupes, plateau d'écritoire et même un grand coffret en ébène, buis et noyer enrichi de plaques. Les estimations oscillent de 2 000 à 15 000 €. Deux paires de portes et une armoire d'apparat en bois sculpté castillans XVIIe (1 500/2 000 € et 3 000/5 000 €) ferment la marche.
mercredi 26 juin 2019 - 16:00 - Live
Salle 9 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Pierre Bergé & Associés
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