Cheval de bataille

Le 21 janvier 2021, par Claire Papon

C’est d’Angleterre, dans les années 1300, que nous vient cette rare plaque ornementale en cuivre émaillé et doré aux armes des barons de la Zouche, cadets de la maison noble de Rohan.

Plaque en cuivre champlevé, gravé, émaillé et doré représentant un chevalier sur sa monture au galop. Angleterre, vers 1630, 9 10,6 cm.
Estimation : 20 000/25 000 

Elle n’est pas, loin s’en faut, la pièce la plus attendue de la dispersion mais elle est fort rare. C’est en effet à hauteur de 200 000/300 000 € et 300 000/400 000 € que sont annoncés respectivement deux vitraux inédits de l’abbatiale de Saint-Denis (milieu XIIe siècle), l’un représentant les rois mages, l’autre deux moines veillant le corps de saint Benoît, anciennement montés dans une fenêtre d’une maison du sud de la France. Notre chevalier brandissant une épée de sa main droite, un bouclier dans l’autre, est une iconographie bien connue des sceaux équestres et des monnaies. Caractéristique de la chevalerie, cet objet était cousu sur le harnachement des chevaux, aux armes de son propriétaire. Il semble qu’Alan la Zouche (1267-1314) soit le mieux à même de correspondre au propriétaire de cette plaque, parmi les trois membres de cette famille – l’une des plus anciennes de la pairie d’Angleterre. On sait que notre homme, premier baron la Zouche d’Ashby, était en Gascogne avec le roi Édouard Ier en octobre 1288, qu’il était l’un des otages donnés par celui-ci à Alphonse d’Aragon en échange de certains accords. Le 22 juillet 1298, il participe à la bataille de Falkirk (comté de Stirling), qui marque la fin de l’épopée de William Wallace lors de la première guerre d’indépendance de l’Écosse. En 1308, Alan la Zouche assiste au couronnement d’Édouard II, et meurt à l’âge de 46 ans, sa baronnie restant en suspens entre les mains de ses filles.

Agenda
Cette vacation fait suite à celle de la collection Larminet-Davioud. Deux vitraux inédits de l'abbatiale de Saint-Denis, réalisés vers 1140-1145, pourraient attiser tout particulièrement les convoitises. L'un représentant les Rois Mages est attendu à 200 000/300 000 €, l'autre, en verres de couleurs également, figurant deux moines veillant le corps de saint Benoit, est espéré autour de 300 000/400 000 €. Plus modestement estimée, une plaque de forme cintrée, en bronze ciselé, gravé et doré provenant d'une collection privée monégasque est annoncée à 30 000/40 000 €. Elle met en scène au registre inférieur la Nativité, dans sa partie supérieure, le Christ assis dans un fauteuil à curule, bénissant de la main droite, tenant un livre dans l'autre, entouré de douze brebis. Cette plaque, unique par son iconographie et sa facture et dont la destination liturgique interroge également, illustre l'art carolingien ou plus probablement celui de l'Empire byzantin aux IXe-XIe siècles. Rare également, une plaque de harnachement de cheval en cuivre (Angleterre, vers 1300) est estimée 20 000/25 000 €, tandis qu'un pendentif reliquaire en forme de lanterne renfermant des sujets en ivoire sculpté (Nuremberg, vers 1500) pourrait recueillir 6 000/8 000 €. Enfin, 4 000/5 000 € sont avancés d'une tête en bois sculpté peint (vers 1660) dont la physionomie, pleine de réalisme, renvoie au portrait de saint Vincent de Paul.
mercredi 27 janvier 2021 - 16:30 - Live
Salle 9 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Pierre Bergé & Associés
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne