Un bureau portatif ottoman de la fin du XVIIe siècle

Le 25 mars 2021, par Claire Papon

Plus qu’un objet utilitaire, cette écritoire, lointain ancêtre de nos ordinateurs, fut un bien précieux.

Empire ottoman, fin du XVIIe siècle, écritoire de scribe ottoman en bois, écaille de tortue, ivoire et os, 13,5 33,5 14,7 cm.
Estimation : 25 000/30 000 

Propriété du marquis Louis François de Monteynard (1713-1791), puis de ses descendants au château de Tencin, en Isère, ce meuble est caractéristique du goût ottoman, avec sa belle marqueterie de nacre et d’écaille de tortue. Celle-ci, utilisée pour les objets d’art, sert aussi au décor intérieur, comme dans le pavillon de Bagdad construit en 1639-1640, au palais de Topkapi. L’écritoire fait partie des rares pièces islamiques conservés en France au siècle suivant. Militaire de carrière Louis François de Monteynard s’illustre sur les champs de bataille pendant les campagnes de Louis XV, avant d’être nommé secrétaire d’État à la guerre en remplacement de Choiseul. À partir de 1775, il s’occupe de la construction et du décor du château de Tencin dans le Grésivaudan. Notre écritoire lui a peut-être été offerte par la Sublime Porte. Elle contient deux lettres : la plus précieuse, datée du 28 août 1772, a été rédigée en persan sur une feuille de papier à paillons d’or par Haidar Ali Khan (1720-1782), nawab du royaume de Mysore en Inde, la seconde en donne une traduction en français. Opposé aux velléités d’annexion de la Compagnie britannique des Indes orientales, le souverain recherche l’alliance de la France et indique que ses vaisseaux seront protégés dans les ports de son royaume, et qu’il espère en retour le même accueil pour ses navires aux îles de France et de Bourbon. Notre écritoire et son contenu témoignent de ce moment d’histoire.
 

Agenda
Aux cimaises, il sera difficile de ne pas remarquer une toile de Georges-Antoine Rochegrosse, La Poursuite de la Maya ayant figuré au Salon de 1924 (149 x 105 cm, 4 000/8 000 €), mais surtout un panneau de dévotion de Benvenuto di Giovanni del Guasta et de son fils Girolamo di Benvenuto à sujet de Sainte Famille. Notre tableau, dont la scène se passe dans un paysage vallonné et boisé au milieu duquel coule une rivière, illustre le récit d'une scène décrite dans les Meditationes Christi du Pseudo Bonaventure (chapitre XIII) narrant le retour d'Égypte vers la Galilée de la Sainte Famille. Son estimation ? 30 000/40 000 €. Dans un tout autre genre, on s'intéressera à une grande toile (76 x 118 cm) de Morin Vasselon figurant une Plantation aux Antilles (3 000/4 000 €). Quelques belles batailles d'enchères sont prévues au chapitre de la sculpture française ancienne : 10 000/12 000 € pour une Allégorie de la Terre en marbre blanc attribuée à Benoit Massou, 8 000/10 000 € pour un Portrait du docteur Antoine Louis finement sculpté de profil signé Calvat, début XVIIIe, 15 000/20 000 € pour celui présumé du fils de Mr Sorbet magistrat par Louis-Philippe Mouchy. Une rare écritoire ottoman en bois marqueté fin XVIIe nécessitera 25 000/30 000 €, un coffret en bois gainé de galuchat au chiffre du roi Charles II d'Angleterre 6 000/8 000 €, un autre, de style néogothique, aux armes de Marie-Amélie, en bronze doré gravé de rinceaux fleuris appliqué de sangles en acier à décor percé, entre 8 000 et 15 000 €. Deux commodes formant paire d'époque Transition, richement marquetées de cubes, la première estampillée Macret, la seconde de Cosson, sont annoncées à hauteur de 18 000/25 000 €, les deux, tandis qu'une pendule Louis XVI en bronze ciselé doré, à l'allégorie de la Force, animée d'un lion, le cadran de Pochon, les émaux de Coteau, pourrait trouver preneur entre 15 000 et 25 000 €. La fourchette d'estimation est large enfin – 10 000/20 000 € – pour un mobilier de salon de la fin de l'époque Louis XVI, signé Jean-Baptiste Demay, en bois sculpté doré (quatre fauteuils et un canapé à dossier plat)
jeudi 01 avril 2021 - 02:15 - Live
Salle 9 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot - 75009
Fraysse & Associés
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